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Ma fin de Game of Thrones

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  • Hello,


    Comme beaucoup, j'ai trouvé la saison 8 de Game of Thrones absolument catastrophique. La précédente était déjà mauvaise - quoique sauvée par les épisodes liés aux marcheurs blancs - mais celle-ci s'avère d'une nullité abyssale : soit parce que les événements sont trop précipités, soit parce qu'ils ne respectent pas la logique des précédents épisodes, soit parce que les idées sont tout simplement mauvaises (franchement, tout ça pour ça ?). A mon sens, ce qui le symbolise le plus reste le traitement des dragons. Tout au long de la série (je laisse de côté les romans, je n'ai lu que les 2 premiers tomes), ils nous sont présentés comme puissants, certes, mais jamais  infaillibles ni omnipotents. Trois séquences nous le rappellent. La première se passe à Mereen quand les fils de la Harpie tentent de tuer Daenerys. A ce moment là, Drogon est blessé par des lances. Cette vulnérabilité sera immédiatement rapportée à Cerseï qui fera construire des balistes. Le deuxième moment survient lorsque le roi de la nuit tue un premier dragon. C'est la preuve qu'ils sont mortels. Enfin, le troisième est la suite logique du premier puisque les armes de Cerseï parviennent à tuer son second dragon. Il est donc très difficile de comprendre pourquoi Drogon parvient à détruire une flotte entière équipée de balistes ainsi qu'une cité dont les murailles sont hérissés des mêmes défenses. Pire, lorsque Daenerys attaque l'armée des Lannister pour la première fois, ceux-ci la ciblent à défaut de pouvoir tuer le dragon. Clairement, non seulement Drogon n'aurait jamais pu ou dû pouvoir faire ce qu'il a fait dans l'épisode 5 mais à tout le moins, les soldats auraient pu tenter de tuer sa cavalière. Au moins tenter...

    C'est un détail en vérité mais qui illustre bien la manière dont la saison 8 a fait abstraction de ce qui avait été mis en place auparavant pour précipiter les événements, aller au plus efficace sans aucune cohérence. Toutes les relations de puissance, d'intérêt, de pouvoir sont ruinés au profit de la résolution d'intrigues devenues désuètes. Comment s'intéresser au successeur du trône de fer alors que tout a déjà été bazardé ? Ce qui m'amène à vous détailler un final qui m'aurait satisfait. Voilà donc ma 8ème saison avec le dénouement que j'aurais aimé voir :

    Episode 1


    Tout d'abord, si vous vous souvenez, la série GOT s'ouvre sur les marcheurs blancs avec cette première scène. Il est donc important que la dite-intrigue accompagne la fin de la série et reste le fil conducteur de la dernière saison. En conséquence de quoi, j'imaginerai une première bataille devant le Roi de la nuit, dans les terres du Nord avec l'objectif (réussi) de tuer le dragon zombie suivi d'une défaite et d'une retraite ordonnée des armées de Daenerys et de Jon. Le but ? Fuir au sud jusqu'à la capitale King's Landing pour profiter de ses remparts et forcer Cerseï à combattre à leur côté. La reine ouvrira-t-elle les portes alors qu'elle a déjà menti en promettant le soutien de ses armées ? Tyrion l'assure : elle n'aura plus le choix.


    Episode 2


    Sansa discute avec Aria et celle-ci propose de faire appel à la secte des sans-visages pour tuer Cerseï et forcer la capitale à ouvrir ses portes. Sansa sait que la reine de Westeros préférera les sacrifier plutôt que de renoncer. Car ouvrir les portes, c'est laisser sa rivale Daenerys prendre le contrôle. Jaqen H'ghar, membre de la secte, accepte à condition qu'on lui livre le corps de Jaime et qu'Aria promette de le rejoindre. Aria refuse puis finit par accepter. Elle tue Jaime et va porter le corps au temple des sans visages. Ce que j'imagine là encore, c'est une erreur d'Aria dans son combat : Jaime prend l'avantage et la blesse. Brienne les surprend, doit choisir entre son serment fait à la Mère de Sansa et son amour pour Jaime. Elle tue son amant puis part combattre et se sacrifie avec Tormund et Mélisandre (qui érige son propre bûcher pour le Dieu de la lumière et enflamme une partie de l'armée des morts) afin de ralentir les marcheurs blancs. L'arrière-garde de Jon et de Daenerys menée par Jorah Mormont freinent les armées du Roi de la nuit par une politique systématique de terre brûlée. 


    Episode 3


    Les troupes et les réfugiés arrivent devant King's Landing. Cerseï refuse d'ouvrir les portes. Danaerys et Jon n'ont d'autre choix que d'ouvrir une brèche pour éviter d'être pris en étau entre les armées du Roi de la nuit qui ne sont plus qu'à un jour de marche et celles de Cerseï à l'intérieur de King's Landing. Au même moment, la flotte d'Euron débarque sur la côte avec les éléphants et la compagnie dorée. Les troupes de Jon et Daenerys sont sur le point d'être encerclées.


    Episode 4


    Daenerys sacrifie Drogon pour ouvrir une brèche alors qu'apparaît l'armée des morts. Les troupes de Jon et de Daenerys entrent dans King's Landing via la brèche au moment où Cerseï est assassinée par celui qu'elle croyait son frère et amant. Les cloches sonnent, la ville se rend. Le limier provoque immédiatement la Montagne en duel (Fuck the dead, fuck the living, I am here to kill my brother) et se fait tuer. Tyrion apprend la mort de son frère et de sa soeur. Furieux qu'on lui ait caché ce plan, il renonce à son poste de main de Daenerys et s'enferme dans sa chambre avec des prostituées. L'armée des morts attaquent Euron et la compagnie dorée alors qu'Euron veut rentrer dans la capitale. Euron est vaincu et son armée rejoint celle du roi de la nuit avec l'ajout d'éléphants zombies.


    Episode 5


    L'armée des morts fait le siège de King's Landing. Les éléphants enfoncent les portes de la cité. La défaite est inéluctable. Puisque Bran est le véritable objectif du roi de la nuit, Sansa, Jon et Danaerys mettent au point un piège. Bran et sa garde s'enfuient de King's Landing pour rejoindre la côte et prendre un bateau. Ils se font volontairement repérés par l'armée des morts qui les encerclent. Le roi de la nuit apparaît et se dirige vers Bran. Sur les remparts qui sont reconquis par Jon et ses hommes, les balistes sont chargés avec des pointes en verre-dragon. Les archers sont équipées eux aussi de flèches du même matériau. Bran est transformé par le roi de la nuit puis la nuée de flèches s'abat sur eux. Le roi et Bran sont tués. L'armée des morts est vaincue. 


    Episode 6


    Alors que leurs relations n'ont cessé de se dégrader, Sansa fait assassiner Daenerys pour protéger le royaume du Nord et monte sur le trône de fer. Elle prend Varys comme main et propose à Tyrion le choix entre la mort et le poste de Master of Coins. Elle souhaite faire la paix avec les Lannister. Tyrion accepte le poste de Master of Coins. La montagne est tiré du laboratoire où il était enfermé et devient le garde du corps de Sansa après une tentative d'assassinat par les Dothrakis. Les Dothrakis sont tous exécutés. Jon, roi du Nord, renonce à son trône et part en exil. Aria rejoint définitivement les sans-visages. Jorah a survécu. A peine revenu à la capitale, il apprend la mort de Daenerys. Il tue Sansa pour venger son grand amour. La Montagne le démembre juste après. Gendry Barathéon hérite du trône. 


    Epilogue :


    Quelques années plus tard, Gendry vient chercher Jon chez les sauvageons pour qu'il accepte de devenir sa main afin de mettre fin à la révolte des nobles du Nord. Jon refuse. Les marcheurs blancs ne sont pas tous morts. Les bébés convertis par le roi de la nuit grandissent. Ce sont ses héritiers. Jon reconstruit le mur avec les sauvageons. 


  • Hello,


    Je voulais revenir sur ce projet de roman Star Wars qui peut être lu ici sur tipeee ou/et téléchargé ici en version roman numérique (14 chapitres dispos). J'en suis à peu près à la moitié. Je pense qu'on atteindra les 30 chapitres pour mener à bien l'intrigue. J'ai d'ailleurs ajouté un volet 6.5 pour lisser un peu la transmission des informations, éviter les changements trop abruptes.

    Concrètement, ce Star Wars : Année Zéro  poursuit deux ambitions bien distinctes. La première est de ressourcer Star Wars. Si vous me connaissez un peu, vous savez que j'aime et déteste à la fois la saga. Pour moi, c'est un univers incroyable, une aventure exceptionnelle, mais aussi une succession de ratés et un auteur (George Lucas) qui s'est perdu en route. La question des midichloriens illustre cette problématique. La Force était une sorte de mystique religieuse, elle est devenue partie intégrante d'un éco-système avec l'arrivée des midichloriens (cf La Menace Fantôme). Or j'ai voulu réconcilier ces deux points de vue, faire revenir la mystique sans supprimer la vision biologique. Paradoxalement, je l'ai fait en partant de l'idée de droïdes capables d'utiliser la Force. Comment ? Pourquoi ? Il faut lire le roman pour comprendre. Mais ce petit dialogue me permettra d'illustrer mon propos : 

    – Tu es sourd et aveugle. Les Jedi et la Nouvelle Confédération sont la cause de ces maux. Nous avons accepté trop de reniements, trop de concessions. Nous avons accepté de cacher nos sabres laser, de renier l’usage de la Force en public. Nous avons choisi de recruter des jeunes gens fortunés pour nous aider à redresser nos finances, à regagner notre influence afin de guider la Galaxie mais la Galaxie n’a pas besoin de guides. Elle a besoin d’exemples. Je l’ai compris. Et je crois que la Force nous a envoyé ces robots. 

    – Ces droïdes ont été construits par des mains, Pau. Pas par la Force

    – Des mains qui ont été inspirées par elle. Cela ne fait aucun doute. 

    – Aucun doute ? Tu plaisantes. Ils n’ont pas de midichloriens. Ils n'ont rien de naturel.



     Bref, cette petite ambition de ressourcer Star Wars s'illustre par de nouveaux personnages que j'espère iconiques  (Marionetis, Aetius, Elonn, Huit, Lian, Rep, le Grand Examinateur...), des nouveaux pouvoirs (la "résurrection", la "manipulation", la "bombe de Force"), des nouvelles situations (je trouve même qu'arriver dans un univers où l'utilisation de la Force a été partiellement interdite donne envie d'en savoir davantage sur son passé). Sinon, pour l'anecdote, j'ai voulu autant m'inscrire dans l'univers étendu (vous comprendrez avec le chapitre "Apothéon") que dans celui des films. Evidemment, c'est souvent par très petites touches, quelques allusions mais je trouve que les raccords fonctionnent. Et franchement, c'est l'une de mes meilleures idées. Attendez de lire le chapitre qui lie Année Zéro à la prélogie et la trilogie. Là, nous ne sommes plus dans les petites touches.

    Globalement, je suis fier du résultat du point de vue des idées et de la cohérence. Je pense que c'est une excellente histoire. Je ne sais pas si ça fera un bon livre mais oui, le fond est bien présent et à la hauteur me semble-t-il.

    On en vient à la seconde ambition, romanesque cette fois. Là, cela prend plus de temps en raison de ma façon d'écrire. J'ai opté pour une originalité formelle à savoir un personnage par chapitre. C'est à dire que les 30 chapitres proposent 30 personnages centraux dont les histoires se croisent et se mêlent. C'est assez difficile à mettre en place mais c'est stimulant. Le risque, c'est que ça ne marche pas. Ceci dit comme j'aime la créativité, je trouve que cela permet en plus de découvrir un personnage sous trois facettes différentes. Par exemple, il y aura 3 chapitres concernant Darth Aetius avec Darth Aetius, Aetius et Feul Hollen. La manière dont tout ça se tisse est sympa dans l'idée. A voir dans la concrétisation.

    Du point de vue littéraire, pour l'instant, ce n'est pas au niveau. C'est comme un tableau, j'écris par couche. Je laisse à plus tard les descriptions et je hausserai le style (je corrigerai l'ortho aussi évidemment, y'a des coquilles). Il est important que la forme soit de qualité mais vous n'imaginez pas le temps que ça prend. Je ne compte pas les heures passées sur Année Zéro

    Voilà, quand j'aurais fini, j'espère que les fans aimeront. De mon côté, je pense que j'aurais accompli un chouette défi : écrire une histoire Star Wars qui en vaille la peine et qui soit plus que digne de l'univers. :D

  • Alors petit chapitre particulier cette fois-ci puisque je l'ai écrit pour développer certains personnages, mettre plus de liants et livrer davantage d'information sur les Forcïdes. Il s'intercale entre le 6 et le 7. Je vais revenir toute à l'heure sur ce projet de fan fiction parce que mine de rien, on en est à 170 pages. En tout, ça devrait en faire dans les 350-400. 

    1er chapitre ici / 2ème  / 3ème  / 4ème là / 5ème  / 6ème  / 6ème chapitre et demi ci-dessous


  • Gabrielle Manne


    Septh, planète-capitale de la Nouvelle Confédération, centre névralgique de la Galaxie, encore surnommée «le globe éternel» en raison de l’appartenance de son peuple à la plus vieille civilisation connue. Aujourd’hui pourtant, ce peuple n’est plus qu’une minorité parmi les milliards d’étrangers attirés par les ors, le pouvoir. Des étrangers qui ont fait souche, urbanisant la quasi totalité de la surface afin de permettre l’incessant ballet des transports, des marchandises, des habitants. Au sud du grand fleuve qui traverse la capitale Ozim trône le parlement de la Nouvelle Confédération, gigantesque bloc rectangulaire avec ses vitres semblables à des meurtrières, si hautes et pourtant si étroites. Progressivement, le bâtiment est d’ailleurs en train de se vider : parlementaires et personnels montent respectivement dans leur navette. Le chancelier Melmet Etir a invité les députés et les sénateurs à retourner sur leur planète d’origine à l’occasion des fêtes de la Confédération. Malgré tout, la fête n’est qu’un prétexte. Le chancelier veut que la classe politique découvre l’impact des Forcïdes, serve de relais. La Confédération ne peut pas se couper de son assise populaire. Melmet Etir désire également que ses projets de loi soient votés  à une forte majorité. Pour cela, le parlement doit prendre conscience de la problématique, mesurer l’opinion des habitants de leur circonscription autant que des strates locales de gouvernement.


    A dire vrai, Melmet Etir ne sait pas encore quoi penser de ces Forcïdes. Il a reçu l’ambassadeur Sith en compagnie de son homologue Jedi mais la situation ne lui ait pas apparu plus clairement. Trop de suppositions, trop d’idéologie, trop d’arrières-pensées. 

    A présent, il s’apprète à recevoir sa ministre de la Défense, Gabrielle Manne ainsi que le gouverneur du système Mundu Artem Mandialis. Les deux officiels sont entrés, ont salué le chancelier qui les a invités à s’asseoir. Un serviteur propose à boire, verse le vin dans les coupes avant de laisser la bouteille sur le secrétaire et de se retirer. Le chancelier est le premier à briser la glace.

    – Madame la Ministre, Monsieur le Gouverneur, merci d’avoir répondu aussi vite. J’attends votre point de vue générale Madame La Ministre ainsi que votre expérience du terrain Monsieur le Gouverneur. J’attends qu’on me fasse un tableau fidèle de la situation. Mes décisions en dépendent.  

    _ Chancelier, répond gravement la ministre, j’ai pu lire les rapports qui vous ont été remis et je comprends votre perplexité. Mais j’apporte des éléments que je considère comme essentiel et préalable. Voici ce que mes services m’ont appris. En premier lieu, nous avons contacté la plupart des spécialistes pour ne pas dire tous et personne ne sait qui a fabriqués ces droïdes. C’est à dire ni quand, ni comment et encore moins pourquoi. Nous avons des pistes que nous allons explorer mais cela prendra du temps. Inutile de vous dire que nous ne serons pas les seuls. C’est pourquoi nous voudrions avoir la priorité sur les autres services. Nous gagnerions en efficacité.

    – Tout dépendra de ce que vous me révélerez, Gabrielle. Vous voulez diriger l’enquête, prouvez-moi que le choix est juste. Cernez ces droïdes.

    – C’est ce que nous avons fait. J’y reviens mais lors de leur débat public sur plus de 700 planètes recensés, les Forcïdes n’ont jamais répondu directement à la question de leur origine. Ils éludent systématiquement en revenant aux principes de la Force. Pourquoi ont-il été créé ? «Pour répandre le message de la Force.» Par qui ? «Par la Force et son inspiration.» Quand ? «Nous venons de naître de la Force.» J’estime qu’ils ne peuvent rien dire de peur que cela se retourne contre eux. S’il y a une faille politique, elle est ici. Dans leurs origines ! 

    – Bien cela devrait donner des arguments aux officiers de la Confédération. Je veux constituer un corps de prêcheurs afin de contrer leur influence. Si le parlement l’accepte, nous aurons de quoi riposter. Nous appuierons sur ce point jusqu’à obtenir leurs réponses. Ou bien le doute naîtra dans la population.

    – Excellente idée. En outre, pour revenir sur ce que nous ne savons pas, du moins pas encore, nous n’avons pas été capable de les suivre, donc de découvrir leur base. S’agit-il d’un vaisseau ? D’une planète ? D’une ville ? 

    – Votre hypothèse ? demande le gouverneur Mandialis.

    – Nous pensons à un vaisseau caché dans un système infréquenté. C’est ce qui offre le plus de discrétion, de souplesse. Mais puisqu’ils brouillent nos systèmes de détection, je dirai qu’ils possèdent des technologies militaires avancées. En soi, ce ne sont donc de simples droïdes de classes inférieures capables d’utiliser la Force mais des droïdes d’élite. Pour le reste, leur système de propagande suit un double modèle à la fois militaire et missionnaire, c’est à dire très structuré, tactique, mais aussi pacifique. Du moins pour l’instant.

    – Justement, que pouvez-vous nous dire des planètes qu’ils visitent. Est-ce qu’il s’agit  de reconnaissance ?

    – Rien ne l’indique. Beaucoup des planétoïdes n’ont aucun intérêt stratégique. Nous cherchons à comprendre leur choix mais il semble répondre au hasard. Et ça paraît logique puisque cela nous empêche de prévoir sur quelles planètes et dans quelles villes ils se poseront. A proprement parler, nos agents n’ont mentionnés aucune mission de repérage de nos installations militaires. Les droïdes se contentent d’atterrir, d’aller à la rencontre de la population, de dresser une estrade, de défendre leur cause puis d’offrir des communicateurs. Des centaines de milliers de ces appareils ont déjà été produits et distribués. C’est ce qui explique la rapidité avec laquelle leur message se répand. Nous les avons analysés, nous n’avons rien trouvé de particulier. Nous saisissons bien sûr toutes les caisses que nous découvrons.

    – Et le traçage des fréquences ?

    – Il y a trop de routeurs et basculements pour les localiser à temps. J’insiste également sur l’efficacité de leur logistique. Ce qui me laisse à penser que le commandement est lui-même robotique. D’ailleurs, les Forcïdes expliquent que l’ordre ne comprenait que des droïdes jusqu’aux premiers convertis. 

    – Ce pourrait être un mensonge. 

    – Peu probable mais nous envisageons toutes les possibilités. Nous vérifions ce qu’ils avancent ans la mesure du possible et nos agents enregistrent toutes les conversations.

    – Je vois. Et pouvez-vous m’assurer qu’ils n’ont pas été créé par les Sith ?

    – Les Sith s’agitent particulièrement depuis leur arrivée. Le seigneur Aetius a dépêché énormément d’agents. Ce qui n’est pas sans poser de difficultés. Chaque fois qu’ils se retrouvent devant les Forcïdes, ils les provoquent. Mais ces rencontres restent assez rares pour le moment. Là encore, il est très difficile de tomber sur la bonne planète et la bonne ville au bon moment. Et les Forcïdes ne restent jamais plus de quelques jours au même endroit. 

    – Et votre conclusion sur l’évolution de la relation entre les Sith et les Forcïdes, Gabrielle ? Peut-on s’attendre à une mauvaise surprise ? Une alliance ?

    – Très improbable. En revanche, Aetius tentera d’instrumentaliser, de souffler sur les braises afin qu’on lève l’interdiction de l’usage de la Force en public. Il faut s’attendre à une escalade des tensions. Les Sith cherchent les Forcïdes. 

    – Je vois. Malgré tout, continuez de creuser cette piste, suivez les agents Sith. On ne peut pas leur faire confiance. 

    – Bien, Chancelier. Pour le reste, voici ce que je peux dire de la première apparition des droïdes. Tout a commencé lorsqu’ils se sont  présentés aux temples d’Oortha et de Tatouine, sans doute le même jour.

    – Oortha ?

    – Une planète accueillant une base d’entrainement de pilotes Sith avec tout un matériel de simulation.

    – D'entraînement pour ?

    – Piloter des croiseurs. En tout nous avions recensé une cinquantaine d’élèves et quelques maîtres. Mais ce n’était qu’une base parmi d’autres. Nous avons relevés des centres d’entraînement de pilotes de chasseurs dans différents endroits de la Galaxie. J’attendais davantage de preuves pour vous le dire mais puisqu’il y a un lien avec les Forcïdes, sachez que nous soupçonnons Aetius de construire une flotte. 

    –  Vous auriez dû m’en parler dès votre premier soupçons, Madame la Ministre. A présent, je ne peux plus confronter Aetius. Je n’ouvrirai pas un autre front alors que ces Forcïdes ont fait leur apparition.

    – En vérité, Chancelier, Aetius a déjà anticipé votre convocation. Les Sith n’ont pas cessé de demander des autorisations d’entraînement de pilotes. Leurs analyses avancent que le champ d’attraction de Ban a augmenté, que davantage de débris entrent dans l’atmosphère. Ils estiment qu’un croiseur n’est pas suffisant. J’ai refusé en attendant d’avoir le résultat de nos experts. . 

    – Donc, si je comprends bien, il n’aurait fait qu’outrepasser votre refus pour protéger sa planète ?

    – Peut-être, s’il ne s’agit que de quelques vaisseaux. Non s’il prépare une flotte de guerre. Il est très difficile d’avoir de bonnes information, ce qui me rend particulièrement méfiante. Quoiqu’il en soit, il ne ne pèse aucun soupçon quant à leur implication dans l’apparition des Forcïdes.

    – Dans ce cas, que s’est-il passé sur Oortha ?

    – Nous présumons que les Forcïdes ont débarqué pour les convertir. Ou, comme ils le disent eux-même, apporter la Force. Les Sith les ont combattus. Les Forcïdes les ont tués. 

    – C’est aussi simple que cela ?

    – Ces droïdes n’ont pas le même rapport à la mort. Ils emploient une expression particulière, celle de «retourner à la Force» ce qui signifie aussi bien mourir qu’acquérir une forme de sagesse, de connaissance, de pratique. Pour eux la mort n’est qu’une transition. Mais leur expression porte à confusion. Certains y voient une menace. C’est le cas des Jedi. Néanmoins, si vous voulez les écouter, nous avons l’enregistrement de notre espions sur Oortha. On entend clairement «je préfère mourir» prononcé par un Sith et le droïde répondre «La mort, c’est encore la Force » avant de l’abattre. Malgré tout, je pense que le Sith aurait pu échapper à son sort s’il ne s’était pas battu jusqu’au bout. Ils se sont tous battus jusqu’au bout. 

    – Votre espion pourrait-il témoigner devant la commission ?

    – Il est mort de ses blessures.

    – Et pour les Jedi ?

    – Il y a eu un incident sur Tatouine, des combats mais rien de sanglant. En revanche, d’autres sont morts sur Oortha. 

    – Que faisaient-ils dans une base Sith ?

    – Leur présence s’explique par un concours de circonstances. Leur vaisseau a capté le message de transmission de notre espion. Ils se sont rendus sur place. Nous ne savons pas ensuite pour quelles raisons ils se sont battus. Les Jedi ont pu vouloir les appréhender. Les Forcïdes ont répondu. Le reste est une affaire de circonstance.

    – Donc si je comprends, ces Forcïdes sont des missionnaires pacifiques sauf si on les confronte par les armes ?

    – Oui. Et je pense  que les évènements de Kléros le confirment. Vous êtes d’accord, Gouverneur ?

    – Je le suis, répond Artem Mandialis à la ministre Gabrielle Manne. Les Forcïdes ont été violents en réponse à l'agression de l’ambassadeur Sith. Mais jamais lorsqu’ils ont pris l’initiative. En outre, ils n’ont pas résister à leur arrestation.

    – Ils auraient pu s’ils s’étaient sentis obligés, nuance néanmoins la ministre. Ils l’ont fait ailleurs, pour prendre la fuite. En tout cas, pour l’instant, nous n’avons relevés des morts que sur Oortha. Ce qui signifie soit un contexte précis, soit une forme de duplicité ou d’attente. On a déjà vu des mouvements pseudo-pacifiques l’être uniquement pour endormir notre vigilance.

    – Le cercle bleu.

    –  Exactement. Et je ne note pas de pacifisme débordant dans leur philosophie. La violence trouve sa légitimité dans la défense, dans la maîtrise de soi, la responsabilité de ses actes.

    – Dans ce cas, comment jugez-vous la menace ?

    – Je dirai qu’à court terme, elle est mesurée. Mais avec la vitesse de propagation de leur message, la conversion de citoyens couplées à une idéologie contestataire, les troubles augmenteront. Leur philosophie n’est pas conciliable avec la notre : ils méprisent l’argent, le commerce, la possession. Leur impact se fait déjà sentir sur l’économie de quelques planètes mais aussi sur le rapport aux autorités administratives. A les écouter, la Confédération n’est plus légitime.

    –  Sera-t-il possible de les contraindre à aux compromis ?

    – J’en doute. Nous pourrions demander une audience à leur ambassadeur mais il n’a encore jamais répondu.

    –  Ils ont un ambassadeur ?

    – Oui. Il y a des rumeurs sur une rencontre avec le chef du Bah’lil noir. Mais vous trouverez dans le rapport un aperçu très détaillé des membres du premier cercle, de leurs croyances et du réseau qu’ils tentent de mettre en place. Entre nous Chancelier, je ne vois à terme qu’un conflit majeur. Il faudrait les circonscrire dès maintenant. 

    – Dans ce cas, que penseriez-vous de l’idée d’autoriser les Sith et Jedi a employer la Force publiquement ? Ils pourraient bien nous aider à régler le problème sans que la Confédération en pâtisse. Je n’aimerais pas que la Confédération entre en conflit ouvert avec ces droïdes. Nous devrions essayer de en retrait dans un premier temps.

    – S’il devait y avoir des soulèvements sur les planètes sensibles au discours des droïdes, les Sith et les Jedi nous seraient d’une aide précieuse. Nos troupes peuvent gérer des émeutes et des manifestations, nos forces spéciales peuvent neutraliser des Jedi ou des Sith, donc ces Forcïdes, mais nous ne serions plus perçus comme garant de la paix. Cela se retournerait contre nous. 

    – Je suis d’accord. Nous aurions davantage de marge de manoeuvre, à la fois pour soutenir les deux ordres contre ces droïdes mais aussi pour nous poser en garant de la stabilité si les choses venaient à dégénérer. Il suffira d’attendre que les gouverneurs et les peuples nous appellent à l’aide pour restaurer l’ordre. 

    – Evidemment, si nous laissons les Sith et les Jedi se charger des Forcïdes, il y aurait un risque qu’ils perdent. Et à partir de là, les conversions seraient plus nombreuses et le conflit plus important.

    – A moins que les Forcïdes n’en sortent affaiblis. Il suffira de les cueillir.Combien sont-ils exactement ?

    – Peut-être 400 en tout, de deux types. 60 000 adeptes et environ 2 millions de sympathisants. Sur 700 planètes en l’espace de 3 mois, c’est beaucoup.

    – De deux types vous avez dit ?

    – Nous comptons ceux qui se nomment les membres du premier cercle, pas plus d’une dizaine. Ce sont les équivalent des maîtres Jedi. En dessous, nous observons des droïdes plus faibles. Ils manient certes la Force mais à un degré moindre. Eux se nomment les prétoriens. La plupart passent un à trois jours sur une planète puis se rendent sur une autre. Les équipes sont de deux dès lors qu’il y a un membre du premier cercle, de trois lorsqu’il s’agit uniquement de prétoriens. Là encore, ce sont des moyennes. Il y a des coins reculés de la Galaxie dans lesquels ils ont pu ou dû s’installer.

    – Ils sont si peu nombreux, ont déjà autant de partisans ?

    – Ce sont des droïdes qui utilisent la Force, Chancelier. Vous imaginez à quel point cela résonne dans les consciences. C’est comme allumer un feu dans une forêt en plein été. Les Sith et Jedi l’ont tout de suite compris et je crois qu’ils ont raison de s’inquiéter. Même pacifiques, ces Forcïdes sont dangereux. Et je doute qu’ils restent tranquilles très longtemps. Je ne suis pas la seule à le penser. Le gouverneur Mandialis estime dans son rapport qu’ils menaceront à terme la Fédération. Et il ne parle pas d’économie mais bien de politique. 

    – Ils ne s’arrêteront pas, intervient Artem Mandialis. Leur idéologie méprise le commerce, l’argent, les biens mais aussi les autorités civiles. Ils estiment que les communautés de Force doivent s’autogérer.

    – Et des citoyens écoutent vraiment des droïdes leur faire la leçon ? Est-ce qu’ils respirent seulement ?.

    – C’est compliqué Chancelier de comprendre leur impact car nous vivons en dehors du peuple. Cela paraît paradoxal mais leur discours prend. Certes ce sont des machines mais elles parlent d’espoir, de nature, de sérénité. Surtout, ils sont nouveaux et en soi, c’est est une qualité. Ils ont le bénéfice du doute. Or les peuples doutent beaucoup.

    – Ça, je le sais Madame la Ministre, s’agace le Chancelier qui prend l’attaque personnellement. Le gouverneur est ici parce qu’il est un homme du peuple, qu’il le comprend et qu’il sait agir dans l’intérêt général. A présent, je vous remercie pour votre rapport. Je vous demanderai de revenir demain matin et je vous transmettrai mes instructions.  

    – Bien chancelier. Je vous laisse. Je vous alerte simplement sur le fait que puisque ces droïdes ont su construire des communicateurs, ils sont sans doute capables de construire autre chose. Nous devons envisager toutes les possibilités.

    –  Nous en reparlerons demain.

    La ministre sort et laisse les deux hommes. Elle n’est pas énervée, elle a l’habitude du changement d’humeur du chancelier. Elle sait aussi que les deux hommes ont été amants, que cela explique la confiance du Chancelier dans le gouverneur Mandialis. Une confiance bien placée. Son rapport était clair, elle le partageait. Ces Forcïdes apportait la révolution. Et avec la Révolution venait le sang. Immanquablement.

    _ Elle est partie, Artem. Tu peux te mettre à l’aise.

    – Je ne l’aime pas, Memet, répondit Artem Mandialis en se servant un autre verre. Elle fourre son nez partout, elle nous espionne, nous les gouverneurs. Puis elle a telle une emprise sur ses hommes... Je ne sais pas si on peut lui faire confiance. Regarde, elle a caché ses informations sur Aetius au point que personne n’ait pris soin de t’informer. Cette flotte Sith, si elle vraie, posera problème.

    – Je sais mais elle reste la mieux informée de toute la Galaxie. Du reste, elle me servira tant que je la maintiens à son poste. Elle ne vit que pour les secrets de son ministère. Pour autant, je la sermonnerai demain matin. Et je ne placerai pas les autres systèmes de renseignement sous ses ordres. En revanche, il va falloir prendre des mesures d’urgence et nous préparer à un conflit, fut-il mineur. Maintenant, dis-moi, qu’as-tu fait du Forcïde ?

    – Officiellement, il a été enfermé dans la prison de Belk. Officieusement, je l’ai fait déplacer constamment. Puis, en raison de failles dans la sécurité, j’ai pris l’initiative de faire rapatrier avant hier sur Kléros. 

    – Fort K ?

    – Oui. Je ne veux pas que les Jedi et les Sith s’en mêlent. Pour l’instant, ces droïdes n’ont engendré que quelques troubles. Nous pourrions les juger, puis soit les condamner, soit leur proposer un compromis. 

    – A quoi tu penses ?

    – Nous pourrions les laisser prêcher à condition pour eux de prêter serment de loyauté à la Confédération et de ne plus utiliser la Force en public. Quant à leur influence, nous en ferions des sortes de réformateurs. Et tu connais les réformateurs. Au début, ils brillent d’enthousiasme puis ils se lassent, ils se font intégrer par le système et ne veulent que prospérer.

    – Tu ferais de ces Forcïdes des notables ?

    – Et pourquoi pas ? Il y a des postes à distribuer. En tout cas, nous pourrions les éteindre de cette manière, en faire des politique comme les autres. 

    – C’est risqué. De toute façon, les Sith et les Jedi ne l’accepteront pas.

    – Les Sith peut-être, les Jedi non. Il faudrait en parler avec le seigneur Aetius, voir si on peut obtenir son appui. Il s’est toujours montré correct jusqu’ à présent. 

    – Il demandera quelque chose.

    – Peut-être  pourrions-nous lui accorder cette flotte qu’il désire tant.

    – Non. cette flotte, il pourrait la tourner contre nous. Je ne sais pas quoi penser de ce seigneur noir, Artem. Je partage l’opinion de Gabrielle. Il est habile. Peut-être trop. Et tout ça évidemment se produit au même moment.

    – Il est correct et c’est déjà beaucoup pour un Sith. Tout se passe bien avec son ambassadeur sur Kléros.  Je ne dis pas que les Sith ne sont pas problématiques mais je doute qu’ils soient dangereux à l’heure actuelle. 

    – Peut-être mais permets-leur de construire une flotte et ils rêveront d’entrer en guerre. Ils l’ont dans les veines.

    – Possible. C’est difficile à dire. Jusqu’où peut-on changer ? Quoiqu’il en soit j’ai bien peur que les Forcïdes ne fassent réagir Sith et Jedi. Nous pourrions entrer en conflit avec les trois ordres si rien ne se goupiller comme nous l’envisageons.

    – Et pourquoi pas ? J’y pense depuis le début. Nous pourrions très bien les jouer les uns contre les autres, écraser les Jedi, les Sith, les Forcïdes. Tous ces agents de la Force sont dangereux. Eux seuls menacent la Confédération véritablement. As-tu déjà imaginé la Galaxie sans eux ?

    – Bien sûr. Mais nous ne pouvons pas le faire. Sans quoi, nous ne serions plus qu’un autre empire. Et tu connais leur sort.


                                                                         --- Chapitre 7 ---


  • 1er chapitre ici / 2ème  / 3ème  / 4ème là / 5ème  / 6ème  / 7ème , 8ème , 9ème , 10ème , 11ème là, 12ème , 13 ème chapitre ci-dessous. ;)

    Je ferai bientôt un p'tit point sur le roman Star Wars. J'ai tout retravaillé. Ce chapitre est trop récent pour que je repasse dessus. Je viens de le finir :D Y'en a 3 autres en attente (très avancé). 


  • Rude Gauer



    Rep et Vlad-Ozimonor se trouve derrière des barreaux lasers à bord du destroyer stellaire Armadeus. Ils ont été placés dans deux cellules légèrement à l’écart des Jedi renégats. Rude Gauer les toise depuis l’autre côté. Il paraît satisfait.

    _ Vous resterez ici jusqu’au jugement. Ensuite, nous verrons.

    _ J’espère que vous ne tomberez pas amoureux, répond Rep en s’efforçant de ne pas rire. Sinon la séparation sera difficile.

    _ Héhé, t’es du genre petit malin. Ca tombe bien, ce sont que je préfère dorloter.

    _ A coup de bâton électrique, j’imagine ?

    _ A coup de tout ce qui servira. Punition, récompense, isolement,  brimade, reconnaissance, disctinction. Toute la panoplie. Tenez, pour vous donner un avant-goût. Voilà mon p’tit calmant préféré.

    Rude Gauer appuie sur un bouton, des arcs éléctriques se forment pour frapper les droïdes qui convulsent.

    _ Et vous avez des résultats ? se relève Huit en cranant. Parce que ça chatouille plus qu’autre chose.

    _ Les meilleurs. Pourquoi croyez qu’on m’a chargé de vous ? Aucune évasion en dix-huit dans de carrière. Aucune mutinerie. 

    _ Qui aurait envie de quitter un tel paradis ?

    _ Ma méthode est simple, tu verras. D’abord, votre dressage. Je veux de l’obéissance. Si je vous dis de mettre les mains derrière le dos, les mains le sont dans la seconde. C’est valable pour chaque passage en revue. Une fouille des cellules ? Mains dans le dos ! Une revue de la cantine ? Mains dans le dos ! Une sortie dans la cour ?

    _ Laissez-moi deviner : mains dans le dos.

    _ Et chaînes au pied. Ici tout est réglé comme du papier à musique. C’est le cadre. Une fois que vous l’aurez intégré, et je sens que ça va prendre un peu de temps, il y aura davantage de droits, de liberté. C’est la phase de conditionnement. A partir de là, on réévalue et on remodèle votre comportement Tout repose sur la récompense. Un bon comportement ? Des ateliers intéressants. Des espaces de liberté. Un mauvais ? Du serrage de boulon à la chaîne. Mon but est de tirer le meilleur de vous.  

    _ Vous êtes conscient que nous sommes des droïdes ?

    _ Aucune importance. Ensuite, on passera à la gestion de la peine. L’important reste de tracer une perspective mais aussi de s’y tenir. Comprenez bien que je n’ai qu’une parole. Je dis ce que je fais et je fais ce que je dis. La punition sanctionne un comportement inapproprié, la récompense valorise l’attitude que j’attends. Dernier élément et en rapport avec la réflexion du matricule 803, je me moque de ce qui vous êtes, de ce que vous avez fait. Et ce d’autant que vous n’avez pas encore été jugés. 

    _ Et je doute qu’on le soit jamais.

    Rude Gauer appuie à nouveau sur l’arc télectrique. Les deux droïdes sont punis.

    _ Je ne parierai pas sur un procès rapide. Tout dépendra du Chancelier. Sachez simplement qu’on ne fait pas appel à moi pour du court terme

    _ Au moins, raille Huit qui commence à souffre, on peut s’attendre à un procès équitable. C’est déjà ça.

    _ Je ne goûte guère l’ironie du matricule 803. Et je vois qu’il n’a pas l’air concerné par les souffrances qu’endurent 804 à cause de lui. Ce sera mon dernier rappel mais j’aime les choses simples dîtes simplement. Pas d’ironie, pas de sous-entendus, pas de finasserie.

    _ L’art de la discussion en somme.

    Rude Gauer rappuie sur l’arc électrique.

    _ Si vous vous posez la question, vous vous trouvez dans un bloc de transfert, c’est à dire que l’infrastructure se découple du vaisseau. Nous serons déposé sur Omegan. Vous y resterez jusqu’à la fin de votre procès.

    _ Quel procès ? Vous pouvez reprendre du début, j’ai pas bien compris.

    Le chef Gauer appuie à nouveau sur l’arc électrique. Cette fois, Rep plie genoux à terre. Son metal commence légèrement à se déformer par endroit.

    _ Bien. Maintenant, je vais vous livrer mon plus grand échec et ma plus grande fièreté. Mon échec tient à la mort de huit prisonniers exécutés pour tentative d’évasion. C’est ainsi. Ce sont les règles et je ne répond qu’au chancelier. Ne pensez donc pas à vous enfuir. Mes gardes sont choisis pour ce poste. Aucun n’est marié. Ni familles  ni enfants. C’est bien évidemment mon cas. 

    _ Comme c’est étonnant, murmure douloureusement Rep, toujours genoux à terre. 

    _ Je le précise au cas où vous envisageriez de faire pression. Sachez que je déteste l’échec. J’en tire de la honte. Néanmoins, je ne cherche ni votre douleur, ni votre mort. Je veux que votre peine se passe idéalement, que vous appreniez de vos erreurs et que vous sortiez par la grande porte. Car, et c’est mon dernier point, je peux décider de la libération sur parole de n’importe quel prisonnier. Il m’est arrivé de transformer des incarcérations à vie en simple conditionnelle. C’est là ma plus grande fierté. J’ai pu être témoin du mariage d’un ancien détenu, je suis client de la société d’un autre. C’est tout ce qui compte à mes yeux. La rédemption.

    _ Je vois, se relève Huit. Tout ceci est très instructif mais absolument pas nécessaire. Comme je n’ai pas arrêté de vous le dire, nous ne resterons pas. Nous sommes attendus pour diner.

    _ Vraiment ? Tu continues à jouer avec moi ? Puisque c’est comme ça tu le prends, on va augmenter la dose.

    Rude s’apprête à déclencher l’arc électrique lorsque son communicateur sonne.

    _ C’est pas trop tôt, s’exclame Rep. Je vous conseille de bien respirer avant de répondre.

    Rude appuie sur l’arc électrique puis s’écarte et prend la communication:

    _ Chef Gauer à l’appareil.

    _ Chef, ici l’amiral Penne. Je vous appelle directement depuis le poste de commande. Je vous informe que les ordres ont changé. Les prisonniers doivent être libérés. Forcïdes comme Jedi.

    _ Vous... Vous êtes certain de ces ordres ?

    _ Absolument. Je veux que vous les conduisiez sur-le-champ au pont 212.

    _ Je vois. J’aurais besoin de votre code d’identification, Amiral.

    _ 120 405 784.

    _ Les codes sont bons mais j’aimerais une validation de l’échelon supéreur. Votre voix pourrait avoir été imité, vos ordres contrefaits et vos codes dérobés. 

    _ Je comprends, chef. Je ne m’attendais pas moi-même à donner cet ordre. Mais vous comprendrez mieux en voyant par vous-mêmes.Voilà  ce que nous voyons depuis le poste de commande.

    Les écrans de la cellule révèlent le destroyer Armadeus entouré d’énormes bloques rectangulaire massif, d’un gris anthracite.

    _ Ils nous attaquent ? 

    _Pas pour l’instant.. Ils ont paralysé nos navettes de reconnaissance. Nous avons compté 40 bâtiments mais ce ne sont pas de simples croiseurs. Ils peuvent se restructurer pour se diviser en bâtiments plus petits, frégates et mêmes navettes. L’une d’entre elle se posera sur le point 212 dans 30 minutes.

    _ Est-il possible de les faire attendre jusqu’à l’arrivée de notre flotte ?

    _ L’ordre vient du Chancelier. Il n’y aura pas de bataille. Pas aujourd’hui.. 

    _ Vous rendez compte de l’humiliation pour moi et mes hommes d’aller livrer nos prisonniers ? Je voudrais voir l’ordre du chancelier.

    _ L’ordre est sur votre communicateur. Et sachez bien que je me rends compte de votre embarassement. Imaginez le notre.


    Derrière la lune de Naboo, le Chancelier Melmet Etir se montre très inquiet.

    _ 40 croiseurs, s’énerve-t-il. Est-ce que vous vous rendez compte ? Et d’un type que nous ne connaissons même pas ! Qui sait ce qu’ils peuvent faire en combat ?

    _ De combien votre flotte dispose-t-elle de bâtiments ? demande Aetius.

    _ 30 croiseurs. 3 destroyers. Une centaine de frégates.

    _ Seulement ?

    _ Nous ne sommes pas en guerre. C’est déjà une flotte importante qui pèse sur les finances de la Nouvelle Confédération. Et beaucoup sont des vieux bâtiments qui servent à disperser les astéroïdes et à protéger les routes commerciales des pirates.

    _ Dans ce cas, il va falloir contruire, mobiliser.

    _ Je sais. Dès que cette mascarade sera terminer, je réunirai le gouvernement. Nous allons fabriquer, recruter, mobiliser. Les Forcïdes viennent de nous déclarer la guerre ou c’est tout comme.  Etes-vous d’accord, Maître Athis ?

    _ Malheureusement, oui. J’avais tort. Je les ai sous-estimé. Ils se préparent au combat. C’est indéniable. Nous vous appuierons Chancelier. 

    _ Si vous nous y autorisez, ajoute Aetius, nous pourrions construire nos propres bâtiments. Nous serions plus efficaces, plus nombreux.

    _ Le seul moyen de vous y autoriser serait de modifier le code de la Force.

    _ Jusqu’à présent, chaque ordre jouissait d’un croiseur. Il suffit de changer un mot. Et de supprimer l’interdiction d’utiliser l’usage de la Force en publique. Aussitôt fait, nous pourrons participer à la guerre.

    _ Je ne peux m’empêcher de penser que tout cela va dans votre sens, Seigneur Aetius, constate maître Athis amer.

    Elle sait qu’elle a été vaincu, que les droïdes ne lui laissent plus le choix, que la guerre est inéluctable, que cette flotte menacela Galaxie.

    _ Que croyez-vous ? s’agace Darth Aetius. Que j’ai construit ces droïdes pour obtenir une flotte ? Ces robots en ont déjà une. Imaginez s’ils faisaient cap sur Ban et Omegan ! Ils pourraient nous anéantir. Depuis le début, ils n’ont qu’une idée en tête : celle de nous destabiliser, de nous affaiblir, de nous diviser.

    _ Attendez, coupe le chancelier. Regardez l’écran. Pourquoi s’arrête-t-il ?

    Le drone espion suit Rude Gauer. Lui et 15 de ses hommes escortent Huit, Rep, Pau Candeleur et les autres. Seulement, Gauer vient de s’arrêter. En face s’avance un groupe de soldats. Ils portent des boucliers anti-force. Ce doit être des renforts pour escorter les droïdes. Non, les deux formations se regardent quand Gauer sort son pistolet laser et tire. Les autres ripostent.

    _ Mais qu’est-ce que c’est que ça ? hurle le Chancelier devant l’écran.

    Le drone espion s’approche de Gauer qui s’est mis à l’abri à l’angle du couloir.

    _ Ils sont avec vous ? lui demande Rep. Une petite mise en scène pour nous empêcher de partir ?

    _ J’ai tiré parce que je connais le dossiers de tous les soldats du bâtimeny. Ceux-là, je ne les ai jamais vus. 

    _ Hey, bien joué. Tu aurais fait un bon droïde.

    _ Je regretterai de ne pas t’avoir appris à fermer ta bouche, matricule 803. Maintenant, tais-toi.

    _ Rendez-nous nos armes et nous vous en débarasseront.

    _ Tu plaisantes ? Elles sont dans l’armurerie. C’est le premier endroit où ils nous attendront. Il faut que j’appelle du renfort. Ils sont trop nombreux. 

    Rude Gauer sort son holo-communicateur avant de le ranger.

    _ Merde, ils m’ont brouillé. Ils connaissent nos fréquences. On a pas le choix. On va se retrancher dans le bloc. Si on l’atteint, on gagnera peut-être assez de temps pour obtenir des renforts.

    _ Et tu ne crois pas qu’ils y ont pas pensé ? Qui sait que nous avons des problèmes ici ?

    _ Le bloc est protégé. A moins d’avoir des explosifs, ils n’entreront pas. Et s’ils en ont, le bruit donnera l’alerte. C’est notre seule chance.

    _ L’alerte ? Ils nous auront déjà supprimé depuis longtemps. C’est une mission suicide. Donnez-moi mes sabres lasers. Nous percerons leurs boucliers.

    _ Pourquoi tu n’utiliserais pas la Force plutôt ?

    _ Parce qu’ils ont des boucliers, que les couloirs sont exigus et que je n’ai pas mon sabre pour parer les tirs. Pourquoi crois-tu qu’ils nous attaquent ici ? Parce que c’est leur meilleur chance.

    _ Et ton pote là, le matricule 803. Pourquoi il t’aiderait pas ?

    _ Vlad ? Il ne se bat pas. Il n’a pas de programme pour. C’est le contraire de sa mission.


    Rude Gauer ordonne à ses hommes de continuer de tirer, de créer un barrage pour lui permettre à lui et aux prisonniers de reculer en premier. Ses gardes s’exécutent tandis que le chancelier observer la scène avant de décrocher son communicateur.

    _ Amiral Penne, Chancelier Etir à l’appareil. Des mercenaires ce sont infiltrés sur votre bâtiment. Ils tenter d’empêcher l’évacuation des Forcïdes. Envoyez immédiatement des renforts... Amiral ? Vous m’entendez ?

    Le chancelier Etir perçoit un vague brouaha dans lequel perce une voix  féminine, celle du commandant en second : « Je suis désolé Amiral. Je ne peux pas vous laisser faire ça. Ils ont menacé mes filles. Nous, nous sommes des adultes, nous avons vécus. Mais elles, elles n’ont que trois et quatre ans. » 

    Le chancelier entend la détonation du pistolet laser suivi d’une explosion.

    _ Amiral ? insiste le chancelier. Amiral, répondez !

    _ Ils ont fait saboter le poste de commande, glisse Aetius. J’ai des pilotes prêts à intervenir. Vous n’avez qu’à donner l’ordre..

    _ Non. C’est à la Nouvelle Confédération de régler le problème. Commandant Hibanez ? demande le Chancelier en appuyant à nouveau sur son communicateur.

    _ Oui, Chancelier, répond le commande du croiseur qui patiente derrière la seconde lune.

    _ Changement d’ordre. Envoyez vos forces spéciales.  Mission: secourir et escorter les droïdes. Localisation. Croiseur Armadeus. Aile 84. Zone 12. En route pour le bloc de détention. Ennemis au nombre d’une soixantaine je dirai.

    _ Bien reçu, Chancelier. Départ imminent. Temps d’arrivée : 7 minutes.

    _ Vous aviez anticipé, constate maître Athis. 

    _ Une tentative d’évasion oui . C’est pour cela que j’ai chargé Gauer de leur détention. Mais pas une flotte de 40 vaisseaux ni une trahison du commandant en second. Je n’aurais pas dû désigner l’Armadeus pour cette mission. Le perdre serait une catastrophe. C’est notre croiseur dernier cri.

    _ Il faudrait d’abord savoir à qui nous avons affaire, ajoute Aetius. Et ça nous, le pouvons.


    Le seigneur pilote le drone furtif. Quelques corps gisent dans les couloirs. le Chef Gauer a été blessé à l’épaule. L’appareil s’éloigne, suit la ligne du plafond, s’approche des aggresseurs. Ils suivent le couloir en suivant une formation anti-force, boucliers joins pour empêcher JEdi ou Sith et les projet ou de les manipuler. 

    _ Regardez le tatouage, juste là, fait remarquer Maître Athis. Sur le cadavre.

    _ La main noire ! cosntate Aetius à son tour. 

    _ Comment si on avait besoin du Bah’lil, s’énerve le Chancelier. Qu’est-ce qu’ils viennent foutre ici ?

    _ Ce ne peut-être que Fort K, répond Maître Athis. Il y avait des membres de leur organisation. 

    _ Donc quoi ? C’est une vendetta ?

    _ Oui. C’est une question d’honneur.

    Le Chancelier rappuie son son holocommunicateur.

    _ Mettez-moi en relation avec le chef du Bah’lil, ordonne-t-il. Immédiatement.

    _ Vous devriez attendre, Chancelier. Vos hommes arrivent.


    Aetius dit vrai. Les troupes d’intervention sont entrés dans l’Armadeus. Ils filent dans le couloir, découpent les murs au laser, passent de salles en salles.

    _ La main noire a miné répond simplement maître Athis alors que le chancelier semble interrogatif. C’est le plus rapide.

    Les forces d’intervention coupent à travers le métal, les couloirs, les pièces. Enfin, ils parviennent aux prisonniers qu’ils exfiltrent tandis que de tous les côtés, les parois sont découpés. Les membres du Bah’lil sont encerclés et déposent leurs armes. Au même moment, la navette forcïdes pénètre dans l’Armadeus. Elle se pose sur le pont 212, découvre la rangée des soldats confédéraux Marionetis descend seul. Les portes intérieures du hangard s’ouvrent. Il s’attend à voir les Forcïdes mais ce sont d’autres membres de la main noire qui ermergent. Ils tirent sur les soldats. Ceux-là n’ont d’autres choix que de se retourner pour protéger. Les deux camps se font face, les premiers cadavres jonchent rapidement le sol de part et d’autres. Marionetis part les premiers avec le sabre qu’il tient dans sa main droite tandis que la gauche relève les soldats. Ils s’arrangent pour que les cadavres des membres de la main noire tirent dans le dos de leur camarade. En quelques secondes, ils ont tous été exécutés.


    _ Est-ce que j’ai  vu ce que j’ai vu ? demande le chancelier. Il a relevé les morts ! Seigneur Aetius, qu’est-ce que ça veut dire ? Il fait partie des votres !

    _ Ce n’est pas un Sith, Chancelier, répond Aetius. Il était l’apprentie de la jedi Elonn lorsqu’elle se faisait faussement appeler Darth Cinna.

    _ Maître Athis ? se retourne furieusement le chancelier. Vous avez quelque chose à ajouter ?

    _ Nous savions déjà qu’il travaillait avec eux. C’est même vous qui vous nous avez envoyé la photographie où il apparait sur le toît de Fort K, qu’il fait évader les Forcïdes avant l’explosion. Pour le reste, je n’ai pas connaissance de ses pouvoirs. Le seigneur Aetius doit en savoir davantage. Il a dû le faire espionner. Ses drones ont vu quelque chose, c’est obligatoire.

    _ Non. Je n’en savais rien. Je le pensais mort, en fuite ou au service d’Elonn. Je l’ai fait cherché mais nous n’avions aucun piste. Je ne sais pas ce que ces deux là ont pu tramer. Et pour vous répondre Chancelier, je n’ai même jamais vu une telle utilisation de la Force. Malgré tout, si vous preniez le temps d’analyser, vous verriez que les cadavres sont retombés. Ce n’est pas une resurection. Il les anime. A mon avis, il doit agir sur les midichloriens. C’est simple mais incroyablement technique.

    _ Simple ? Vous vous rendez compte s’il utilisait son pouvoir durant les exhibitions des Forcïdes ? On ne contrôllerait plus rien. Ils passent déjà pour des élus dans toute la Galaxie. Ils en feraient des Dieux. Peu importe que ce soit une supercherie ou non, que ça soit simple ou technique. C’est une resurrection. Il leur suffira de lever des corps dans un cirque pour qu’ils massent derrière eux tous les culs terreux, les fanatiques et les crédules de la Confédération. Vous vous rendez compte ? Ce n’est pas un pouvoir sur les morts qu’il a mais sur tous les vivants ! 

    Le Chancelier Etir sort à nouveau son holocommunicateur, interpelle le commandant Hibanez.

    _ Commandant, je veux que votre équipe se rende au poste de commandement de l’Armadeus. Je veux également que vous positionner vos troupes, votre croiseur et celui du commandant Hestian. La navette forcïde doit être détruite par tous les moyens, vous m’entendez. Vous aurez également l’appui des pilotes sith. Darth Aetius, se retourne-t-il vers le seigneur noir, vous vouliez faire intervenir vos hommes, c’est maintenant.

    Si Aetius ne montre rien, sa haine grandit. Il repense aux multiples enregistrements d’Elonn et de Marionetis, Comment a-t-il pu cacher un tel pouvoir ? Forcément, ce pseudo apprenti devait détecter ses drones et ses micros. De la même manière, il avait manipulé Elonn, pour la faire passer pour une Sith. Avec une telle sensibilité à la Force, rien de tout cela n’était impossible. 

    Malgré la présence du Chancelier et de maître Athis, Aetius s’isole en lui-même. Il a besoin de repenser à Oortha. Il n’y avait pas de drone sur la planète, simplement les caméras extérieures, de quoi vérifier les départs et les arrivées avec une définition suffisamment nette pour lire sur les lèvres. Ainsi avait-il vu l’arrivée d’une navette Forcïdes puis des Jedi. Ainsi son service de renseignement lui avait-il envoyé la transcription des mots échangés entre Elonn et Marionetis juste avant d’entrer dans la base. 

    Aetius fouille plus loin dans cette mémoire qu’il n’aime pas encombrer de futilités. Il repense au drone qui suivait Darth Cinna et Darth Marionetis. Or celui-ci n’avait pas pu infiltrer leur vaisseau au départ de Ban. La porte de l’appareil s’était refermée trop tôt. Aetius avait pris ça pour de l’incompétence. Ce genre d’erreurs arrivait parfois. Là encore, Marionetis avait dû manipuler les appareils pour installer l’idée d’une telle récurrence. Cette craûle avait tout organisé pour qu’on ne soupçonne rien. Cela posait tellement de question. Que voulait-il ? Que savait-il réélement ? Heureusement, Oortha n’abritait qu’un centre de formation de pilotes, un temple de peu d’importance, prévu pour nourrir les espions Jedi ou confédéraux au cas où ils se seraient approchés un peu trop de ses grands préparatifs. 

    A présent, Aetius sent le son regard de maître Athis. Il doit se méfier. Il a déjà été imprudent. Pour la première fois, le seigneur noire imagine l’echec de son empire. L’intelligence et le pouvoir de Marionetis couplés à ces Forcïdes pourraient bien ruiner ses projets. Que se passerait-il s’ils se joignaient à la Confédération et aux Jedi ? A coup sûr, il perdrait tout. Pour l’instant, ni les Jedi ni le Chancelier ne soupçonne quoique ce soit. Tout doit restait ainsi. Sans quoi, il ne pourrait que fuir. Oui, même avec  Apothéon, il ne pourrait rivaliser. Pire, ensuite, les Forcïdes le traqueraient. Heureusement, tous les protagonistes avaient tous commis une erreur. Les Forcïdes pour ne pas être allés trouver immédiatement les Jedi. Les Jedi pour ne pas avoir compris la menace qui lui-même représentait. Le Chancelier pour essayer de tenir un équilibre. Et lui pour avoir envoyé Cinna et Marionetis sur Oortha, le mettant en contact avec ces droïdes. Non, son erreur était plutôt de ne pas avoir payé attention aux récriminations des Jedi alors même qu’ils avaient évoqué de nombreuses fois l’idée de l’enlèvement et du lavage de cerveau d’Elonn. Pourtant, même le Grand Examinateur n’avait rien vu. C’était là le plus machiavélique. Marionetis avait réussi à tromper le futur, à tuer son meilleur protecteur. Malgré tout, son erreur était là. Il aurait dû voir le paradoxe dans l’arrivée d’Elonn, ne pas se réjouir de la prise. Ne pas se baser sur la vision du futur. Cette erreur, il l’avait commise partiellement en croyant que le Grand Examinateur le protégerait pour toujours. Ce n’était pas le cas. Croire les propéthies avait mit fin à beaucoup de règnes : à celui des Jedi, à celui de la République, à celui de Palpatine. 

    Le regard de maître Athis se fait plus pénétrant. Aetius s’agace mais il sait ce qu’il joue alors il se relâche et se détend. Il fait calmement appel à la Force. Fort K est peut-être la meilleure preuve de la dangerosité de l’alliance entre Marionetis et les Forcïdes mais il ne faut pas présumer de ce qui se passera. C’est Marionetis le plus dangereux dans toute cette affaire. Il a contrôlé Elonn alias Darth Cinna. Sans doute également Darth Laeto, son précédent maître. Combien d’autres Sith ont-ils pu tomber sous sa coupe ? Entend-il prendre la tête de l’empire, prendre sa place ? Il faudrait forcément purger. Quoiqu’il en soit, la guerre arriverait bientôt. En attendant, Marionetis ne s’était pas posé sur l’Armadeus par hasard. Le chancelier avait raison, s’avouait le seigneur noir. Il fallait détruire sa navette. Coûte que coûte. En la détruisant, ils amputeraient les Forcïdes de leurs meilleures cartes. 

  • 1er chapitre ici / 2ème  / 3ème  / 4ème là / 5ème  / 6ème  / 7ème , 8ème , 9ème , 10ème , 11ème, 12ème chapitre ci-dessous. ;)

    Juste pour dire que cela fait 6 mois que je n'ai pas publié de chapitre mais je vais le terminer. C'est toujours du work in progress, c'est pas mal de taff mine de rien, mais quand j'aurais fini, ça sera vraiment très chouette. L'histoire est terminée, tous les chapitres sont définis, les personnages également. Sinon, petite anecdote, le prénom Pau vient de la ville éponyme et celui de Ban est un petit hommage à Fly puisqu'il s'agit du nom du Dieu du mal.


  • MELMET ETIR


    Le croiseur interstellaire Sith, long et filiforme, se cache derrière la première lune de Naboo. A son bord se tient une réunion de premier plan entre Melmet Etir, chancelier de la Nouvelle Confédération, Darth Aetius seigneur noir des Sith et maître Doo’k Athis, chef du Haut-Conseil Jedi. La pièce à peine éclairée par la lumière qui émane de l’écran géant se trouve gardés par des hommes de confiance. Depuis leurs sièges respectifs, les trois dirigeants observent les derniers évènements via la retransmission. Ils assistent à la discussion entre maître Direm et maître Pau Candeleur. Ces derniers sont filmés par un drone espion de nouvelle génération, conçu par les ingénieurs Sith. Le Chancelier regarde avec beaucoup d’intérêt l’arrestation des Forcïdes et des Jedi renégats. Il s’interroge intérieurement : s’agit-il d’un point de rupture ou d’une péripétie, à l’image des autres incidents qui ont émaillé la vie de la Nouvelle Confédération depuis sa création.


    _ Très impressionnant, seigneur Aetius, commente-t-il finalement tandis que maître Pau Candeleur demande à ses fidèles de se rendre. Ni les Jedi ni les Forcïdes n’ont perçu vos drones. Comment avez-vous fait ?

    _ Je serai moins enthousiaste, Chancelier, intervient maître Doo’k Athis qui ne goûte pas vraiment ces félicitations. Cela veut dire que nous sommes nous-mêmes espionnés depuis longtemps.

    _ Il n’en est rien, rassure Darth Aetius. Nous avons mis au point ces drones pour améliorer notre renseignement intérieur. Aujourd’hui, je les révèle pour le bien de la Nouvelle Confédération. Il fallait savoir si les Forcïdes pouvaient la détecter. Il me semble que non même si le test doit continuer. Mais si ça marche, nous pourrons les infiltrer, peut-être même découvrir leur base.

    _ Maître Athis a raison, répond le chancelier. C’est une technologie remarquable mais qui vous permettrait d’espionner n’importe qui.  Peut-être des officiers de la Confédération ? Des ministres ? Moi-même ?

    _ Nous utilisons ces drones avec beaucoup de mesure, Chancelier. En vous les révélant, je les rends caduque. Maintenant que vous savez, vos services trouveront la parade. Idem pour les Jedi. Je vais même accéler er leur rechercher en vous expliquant leur secret. Notre nouveau drone imite les vibrations les plus courrantes de leur environnement. C’est ce qui leur permet de se fondre de manière naturelle. Dans un jardin, ce sera des insectes ou des volatiles. Dans une manufacture, ce sera des machines. Il en va de même pour les fréquences de transmissions. Elles se calquent sur les champs naturels. 

    _ Elles sont cryptées je suppose.

    _ Bien sûr. Le signal passe pour une légère interférence si l’appareil n’a pas le cryptage. Notre drone a été conçu pour tromper aussi bien les utilisateurs de la Force que les appareils de détection. 

    _ Pourquoi prendre le risque de tout nous dévoiler ?

    _ Parce que la Nouvelle Confédération et nos ordres sont en danger Chancelier. Ces droïdes et leurs alliés représentent une menace existentielle. Voyez comme maître Candeleur a été retourné. Je ne doute pas que des Sith céderont à leur tour à leurs sirènes. Je sais que certains murmurent dans nos rangs. Cela m’inquiète. C’est pourquoi je voulais que que vous assitiez à leur conversion. Je voulais m’assurer que cette technologie servent un objectif commun. Et si j’ai insisté pour que notre réunion se tienne sur mon croiseur, c’est pour la même raison. Maintenant, je vous assure que cette technologie n’a jamais servi à espionner d’autres hommes que les miens. Je ne dis pas que je ne l’aurais pas utiliser un jour pour en apprendre davantage sur vous. Mais ce n’est pas le cas. Ces drones sont trop récents et nous sommes toujours en phase de test.

    _ Mais pourquoi surveiller vos propres hommes ? Vous n’avez pas confiance ?

    _ Parce que certains maîtres sont rebelles. On ne change pas les mauvaises habitudes sans un peu de coercition ni de surveillance. Pour autant, je n’en ferai jamais une utilisation massive. Je me méfie de l’illusion que procure la technologie, Chancelier. En utilisateur de la Force, je sais que le regard trompe.

    _ Voilà qui est intéressant, ironise maitre Doo’k Athis.

    _ J’apprends aux miens à se méfier de leurs certitudes. Penser connaître n’est pas connaître. Autrement dit, à l’instant où je vous parle, je ne fais pas confiance à ce que nous avons pu voir ou entendre. Il faudra d’autres tests, d’autres écoutes. Ils pourraient l’avoir détecté.

    _ Cette attitude est prudente, reconnaît le Chancelier. Raisonnable également.

    _ C’est aussi impitoyable, ajoute maître Athis. Vous bénéficiez d’une technologie furtive et vous dîtes l’employer avec parcimonie. Même si c’était vrai, ce pourrait très bien être pour la faire durer. Moins elle est utilisée, plus elle trompe.

    _ Si j’avais pensé une telle chose maître, je ne l’aurais pas révélé. Entre nous, le Chancelier a raison lorsqu’il évoque ma prudence. C’est de cette manière que j’entends gouverner les Sith. Je veux dompter notre colère, la transformer en création, en dépassement. 

    _ La colère mène au côté obscur.

    _ Absolument pas. C’est là-même le véritable enseignement des Sith : accepter nos émotions les plus puissantes, les plus radicales, les embrasser, les maîtriser, les soumettre à la raison. C’est de cette manière que la Force sera pleinement exploitée. Sans ténèbres, ni lumière. Nous avons dépassé ce manichéisme. 

    _  Nous sommes loin de la question des Forcïdes, fait remarquer Melmet Etir.

    _ Pas forcément, Chancelier. Maître Athis ne sera pas d’accord avec moi sur l’utilisation de la Force mais elle reconnaîtra le problème fondamental que pose ces Forcïde. Regardez le visage de ce Vlad-Ozimonor. Un simple ovale. Aucune vie, aucune émotion, aucune passion.  Pour vous dire le fond de ma pensée, deux choses m’inquiètent. Il y a leur discours qui va à l’encontre de la Nouvelle Confédération, de nos ordres. Mais il y a aussi leur nature. Elle m’est abominable.

    _ Abominable ? réagit Melmet Etir. Je comprends mieux pourquoi vous révéler votre technologie.

    _ Comme vous, Chancelier, et comme vous, maître, j’entends préserver notre héritage de paix mais je ne veux pas répéter le passé. Les Sith ont souffert de branches pourries, obsédées par la puissance, confondant curiosité et avidité. Désormais, nous sommes au service de la Force, nous tentons d’en comprendre tous ses côtés. Or ces droïdes n’en font pas partie. Je ne sais pas qui les a fabriqués, je sais que certains nous accusent mais il n’en est rien. Ils ne viennent pas seulement changer l’ordre social, ils viennent briser l’ordre naturel. Il ne s’agit pas de perversion de la Force mais de la négation de la vie. Ils sont aussi artificiels que faux. En cela, je crois que nous devons répondre par leur destruction.

    _ Votre vision de la Force diffère de la notre seigneur Aetius, répond maître Doo’k Athis. La votre s’incarne immédiatement dans l’idée de les détruire sans leur laisser une chance de s’expliquer ni d’exister. Personne n’a parlé de les anéantir mais de les cantonner à une planète.  Elle s’incarne encore de manière plus pragmatique dans un système d’espionnage probablement massif qui fait peu cas de la vie privée, de la liberté. C’est une vision Sith qui n’a rien à voir avec celle de la Nouvelle Confédération ni la nôtre. 

    _ Voyons maître Athis, vous ne me ferez croire que vous n’avez pas vos propres système d’espionnage ni de Jedi spécialisés dans le renseignement. Comme ceux qui nous infiltrent afin de prouver notre menace. Mais c’est le jeu et je l’accepte. En revanche, je n’aime pas l’hypocrisie. Je l’ai bannie. A présent, nous assumons tout. Nous assumons de dominer nos pires et nos meilleurs instincts. Et j’assume de préserver les Sith des menaces qui pèsent sur eux. Or je ne crois pas que vous preniez la mesure des Forcïdes. Je ne réclame pas leur destruction parce que j’incarne une forme de mal ou de violence mais parce que je reconnais le risque qu’ils font peser à l’ensemble de la Galaxie. Je poursuivrai notre voie sans entraver celle de la Confédération ni des Jedi, je me plierai à la volonté du Chancelier mais je vous mets en garde. Ils doivent être détruis.

    _ Le portrait que vous nous faîtes des Sith ou des raisons qui sous-tendent vos propos me paraissent un brin exagéré, répond avec assurance maître Doo’k Athis. Je n’oublie pas l’enlèvement d’Elonn. Malgré tout ce que vous pouvez dire, il y a des éléments qui laissent à penser que la mentalité des Sith n’a pas évolué.

    _ Nous ne l’avons pas enlevé. Combien de fois devrais-je le répéter ? J’ai toujours dit à vos services que je ne savais pas où elle se trouvait. J’ai laissé les inspecteurs de la Nouvelle Confédération parmi lesquels se trouvaient des Jedi fouiller nos installations. Que dois-je faire de plus ?

    _ Elle menait des actions pour votre compte.

    _ Absolument pas.  Je l’ai déjà dit : elle a voulu rejoindre les Sith mais elle avait en tête de plonger dans le côté obscur de la Force. Or ce que nous embrassons n’est pas seulement la colère, c’est aussi la passion, la joie, la puissance, la finesse, la grandeur, la gloire. Nous maîtrisons tous ces sentiments sans volonté de nous y vautrer. Déçue, elle est partie avec son acolyte et aucun de mes hommes ne l’a jamais revu. Voyez-vous maître Doo’k Athis, je ne vous blame pas dans cette histoire. Pourtant, c’est votre apprentie qui a tué un seigneur Sith de mes amis. C’est votre apprentie qui nous attire encore des ennuis. C’est votre apprentie qui a commis les crimes dont vous m’accusez. Je ne vous blâme pas car je cherche la paix et je sais parfaitement que vous ne la contrôlez pas. Personne ne le peut. Elle s’est perdue sur une route que nous connaissons bien, là où d’anciens Sith se sont perdus également. Cela arrive à tout le monde. Anakin Skywalker était un jedi lui aussi. Et notre système de surveillance sert à repérer ces dérives.


    Le chancelier se lève et interrompt Darth Aetius :

    _ Assez ! Ne parlons plus d’Elonn ni de ces drones ni des Sith ni des Jedi. Il est question des Forcïdes et nous devons régler la question convenablement. Maître Doo’k Athis, le renseignement est un atout. Jusqu’à présent, le seigneur Aetius s’est montré exemplaire. Cela ne présume pas de ses intentions. Nous connaissons vous et moi l’histoire des Sith. Il faudra des siècles pour que la confiance repose sur des bases solides. Néanmoins, j’apprécie les preuves de loyauté qui sont apportées et la franchise qui le caractérise. Exactement, comme j’apprécie votre discours maître. Nous avons besoin des Jedi pour nous garder sur la voie. Evidemment, j’abonde dans votre sens, la destruction de ces droïdes n’est pas d’actualité. Il faut rapidement les circonscrire. C’est pourquoi les Jedi, sur ma recommandation, sont chargés de leur arrestation. Non les Sith. Maître, j’entends que votre Ordre règle ce souci dans le respect de nos règles communes.

    _ Nous le ferons.

    _ Pour autant, la Nouvelle Confédération ne supportera pas une extension des troubles ni une remise en cause de son autorité. La paix en dépend.

    _ Je me trouve mal à l’aise devant la situation, Chancelier, reconnaît maître Athis. Je suis une Jedi. Espionner de cette manière, procéder à une arrestation aussi spectaculaire, risquer la rupture, c’est déjà mettre un doigt dans l’engrenage. Vous nous avez laisser la maîtrise de l’arrestation mais pour l’instant, nous hâtons les choses. J’aurais voulu inviter les Forcïdes au Parlement, j’aurais aimé les aborder sur Naboo avec maître Direm. Malheureusement, le Haut Conseil n’a pas suivi ma recommandation, préférant la vôtre.

    _ Nous ne pouvons pas les reconnaître, maître Athis. Nous censurons déjà au maximum les informations. Si nous devions les inviter, cela les légitimerait. Et même si vous ne l’approuvez pas, j’apprécie que le Haut Conseil ait décidé de l’arrestation de vos renégats. Il faut en finir rapidement.

    _ Le Chancelier voit juste, appuie Darth Aetius. A votre place, j’aurais peur d’un traquenard si nous devions les laisser parler devant le parlement. Nous savons de quoi ces Forcïdes sont capables. Qui nous garantirait d’une action d’éclat ? D’un attentat ?

    _ Je suis d’accord, soutient le Chancelier.

    _ Et puisque nous parlons des conséquences possibles, je veux vous dire, ici, entre nous, que le Parlement devrait se tenir prêt à mettre fin à l’interdiction de l’usage public de la Force. Les Forcïdes ne sont pas nombreux pour l’instant, mais avec l’appui des renégats, nous devons être prêt.

    _ Est-ce là véritable raison de notre présence et de celle de votre croiseur ? s’insurge Maître Athis. Voulez-vous l’abrogation du code ? Avez-vous l’intention de les combattre ? 

    _ Non ou plutôt oui. Très franchement, je ne veux pas l’abrogation du code mais je militerai pour sa suspension, le temps de mettre fin à la menace. Enfin, pour ce qui est de notre croiseur, j’ai retenu la leçon du massacre de Fort K. Si ces droïdes veulent s’évader, nous aurons de quoi leur répondre. Mes pilotes sont prêts. Je les ferai décoller à la demande du Chancelier.  Parce que je veux qu’ils soient appréhendés, jugés et, je l’espère, détruits.

    _ Le seigneur Aetius dit vrai, appuie le Chancelier. J’ai apprécié qu’il mette son croiseur à notre service. Et ses explications m’ont fait réfléchir. C’est pourquoi, j’ai fait venir 2 des nôtres également cachés derrière la seconde lune. C’est eux que je mobiliserai en cas d’incident. De sorte que vous garderez votre position d’observateur seigneur Aetius. Si les Forcïdes tentent de sauver leurs compagnons, nous les en empêcheront. En dernier ressort, et seulement s’ils nous y obligent, nous les détruirons. Voyez Maître Dook’Athis, je ne les sous-estime pas. Et j’approuve les propositions qui me paraissent servir le bien commun.

    _ Cela ressemble à un acte de guerre, Chancelier. Plusieurs croiseurs, une arrestation spectaculaire. Et tout ça alors que les Jedi sont chargés de leur appréhension. Je regrette de l’apprendre de cette manière, j’aurais voulu le savoir avant. Surtout, je regrette la tournure des évènements. Le massacre de Fort K comprend de nombreuses zones d’ombre. Les corps racontent une histoire trouble. De plus, un massacre n’en a jamais autorisé un autre.

    - Je tiens à souligner qu’en plaçant notre seul croiseur ici, fait remarquer Dart Aetius, je laisse notre planète Ban sans protection. Vous savez pourtant qu’elle est soumise à des champs gravitationnels, qu’elle des débris qu’il faut détruire au canon. J’accepte ce sacrifice et je suis prêt à l’assumer. Mais nous ne pouvons plus agir comme si cette menace était insignifiante. Pas après tout ce qui s’est passé. Pas après les morts, les menaces. Il n’y a pas que Fort K. Beaucoup de choses se passent. Ils préparent quelque chose. Je le sens.


    Maître Doo’k Athis ne laisse rien paraître dans son échange avec Aetius. Tout va si vite. Elle repense aux mots d’Elonn, cherche à sonder ce seigneur noir des Sith qui a réponse à tout, qui semble calme, pugnace, mordant et malgré tout respectueux. Elle ne sent pas cette horreur dont a parlé son apprentie. Il n’émane ni colère, ni rage, ni cette extraordinaire puissance, juste du contrôle et de l’assurance. Néanmoins, elle s’inquiète de son intelligence, de ses manœuvres. Il a gagné l’oreille du chancelier sans qu’elle s’en aperçoive. Elle ne savait pas que la réunion se tiendrait à bord du croiseur Sith ni que les forces de la Confédération seraient mobilisées. A quoi joue le Chancelier ? Croit-il que les Sith ont viré de bord aussi facilement ? Pourquoi cette technologie d’espionnage ne le rend-il pas plus méfiant ? Pourquoi militariser la réponse ? Une escorte légère aurait suffit à les tenir à distance. Les Forcïdes ne sont pas violents. Fort K pose davantage de questions qu’il n’apporte de réponses. La prison aurait été détruire par une bombe apportée par les Forcïdes mais les corps retrouvés portaient des traces de sabres laser. Des bras avaient été retrouvé séparés de leurs corps, à des centaines de mêtre de là. Pourquoi ? Et pourquoi les Sith sont arrivés en premier sur le site ? Qu’ont-ils récupérés ? Doo’k Athis hésite. Heureusement, cette entrevue ne va pas non plus totalement dans le sens d’Aetius mais il se légitime toujours davantage. Qui instrumentalise qui ? Le Chancelier ou le seigneur noir ? Elonn se trompe peut-être mais si jamais ce sith devait être malveillant, c’est une autre guerre qui se prépare dans l’ombre. Une guerre où les Forcïdes joueraient le role de prétexte. En cela, ils pourraient être utiles. Il doit y avoir une troisième voie, à la fois pour circonscrire ces droïdes mais aussi pour révéler les véritables intentions des Sith. Quoiqu’il en soit, elle ne peut pas laisser les Jedi se faire instrumentaliser ni devenir le bouc émissaire de cette affaire. 

    _ Regardez, se lève brusquement Aetius. Ils sortent.


    Maître Candeleur, ses partisans et les deux droïdes Rep et Vlad-Ozimonor sortent du palais encadrés par les troupes de la Confédération. Un long vaisseau patiente dans l’atmosphère. Un bâtiment des forces confédérales escortés par un vaisseau de soutien. La soute s’ouvre. Une navette descend appuyé par des chasseurs. Les prisonniers sont placés en ligne.

    _ Je suis désolé, sourit tristement Pau Candeleur à l’adresse de Repd et de Vlad-Ozimonor. Cela ne devait pas se passer comme cça.

    _ Ne vous en faîtes pas, répond le Forcïdes diplomate. Ils ne nous garderont pas longtemps.

    _ J’en doute, réagit maître Direm, agacé que le droïde ne cache pas ses intentions. Ne sous-estimez pas les Jedi !  Il n’y a pas un criminel dans la galaxie qui ne sera davantage surveillé que vous deux. 

    _ Ca en dit long sur vos capacités, s’amuse Rep. Nous serons libres dans quelques heures. Et nous le resterons jusqu’à la fin. Parce que nous sommes ici pour changer la galaxie, parce que nous sommes ici pour vous affranchir de vos règles. Regardez ce qu’on vous fait faire au prétexte de mensonges. Arrêtez des Jedi ! Arrêtez des droïdes ! Est-ce là le premier péril dans la Galaxie ? Quid de l’exploitation, de la misère, de l’esclavage ? La Force nous a envoyé  pour vous libérer. Elle a un message pour chacun, pour vous également. Alors votre arrestation en comparaison, franchement, c’est de la pisse de bantha.

    _ Tais-toi matricule 803, lui ordonne un lieutenant confédéral qui lui assène un coup de baton électrique. Encore un mot et je te livre en pièce détachée. 

    Le droïde pose un genoux à terre.

    _ Pas comme ça, s’interpose maître Direm. Nous ne maltraitons pas les prisonniers. 

    _ Grand bien vous fasse maître si vous voulez qu’ils continuent à vous manquer de respect.

    _ Le respect se gagne, lieutenant. 

    _ Je n’ai jamais vu un respect qui ne s’impose pas. Ce qui se gagne, ce sont les coups de bâtons. Mais c’est vous qui en avait la charge. Maintenant, ordonne-t-il à ses hommes, soyez sur vos gardes, ils ne s’enfuiront pas d’eux-mêmes alors tirez à vue sur ceux qui chercheront à les aider.

    La navette se pose, les prisonniers y rentrent. Elles décollent, escortés par les chasseurs. Le convoi entre dans la soute du grand vaisseau Les prisonniers en sortent, toujours suivi par le droïde espion. Ils sont amenés dans une cellule collective entourés par des gardes lourdement armés : mitrailleuses lasers, pistolets électriques. 


    _ Essayez de vous échapper maintenant, sourit méchamment le lieutenant. Vous allez pourrir ici en attendant votre jugement. Et ça sera moi votre gardien durant le voyage. Le Jedi n’a pas d’autorité sur un vaisseau de la Confédération.

    _ Et votre nom, demande Rep ?

    _ Tu m’appelleras Chef Gauer, matricule 803.

    _ Oh, je n’ai pas dit que nous nous échapperions Chef, ironise Rep. En fait, c’est même le contraire. 



Thrènes : De grandes lignes rouges

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  • Bonjour à tous,

    Voici un nouvel extrait du roman Thrènes, roman de science-fiction et d'horreur qui a pour héroïne Chloé. Vous comprendrez en regardant la vidéo que j'ai voulu marier le fond et la forme :D

  • Il s'agit ici d'un texte d'ambiance qui représente une portion du livre que j'apprécie beaucoup et qui vient dynamiser une séquence un peu plus posée. Bien sûr, j'ai écrit ce passage il y a longtemps. Pourtant, chaque fois que je le relis, je ne peux m'empêcher d'imaginer l'impact de la scène si elle se concrétisait.

    Pour le reste, avant de vous parler de ma référence, sachez que j'ai coupé une minute de vidéo. Clairement, je trouvais qu'elle en dévoilait trop. On peut malgré tout écouter la version intégrale ci-dessous. La fin est un peu moins maîtrisée et en dit beaucoup (trop) d'un des concepts du roman :
  • S'agissant de ma référence, je l'ai retrouvée il y a peu mais j'avais sa voix en tête pendant presque 30 ans. Il s'agit du regretté Jean Topart dont je vous propose d'écouter la voix incroyable à travers deux extraits.
    Evidemment, j'aurais aimé mettre un passage de Brisby et le secret de NIMH puisqu'il en était le narrateur. Pour l'anecdote, mes parents nous avaient offert le 45 tours du dessin animé. J'en avais été très marqué, je l'écoutais beaucoup et c'est sa voix qui m'avait sidéré. Malheureusement, puisqu'il n'y a pas d'extraits disponibles, je vous propose son incarnation de Zeus dans Ulysse 31:

  • Par ailleurs, je vous propose ce poème qu'il lit merveilleusement. De toute manière, si vous cherchez à connaître davantage ses rôles, notamment dans le doublage, vous trouverez une petite sélection ici.

  • Enfin, pour revenir à l'extrait de Thrènes, je n'ai pas utilisé d'effet. Il s'agit simplement de ma voix transformée naturellement en jouant en partie sur les graves. J'avais pris une voix un peu différente pour la narration de cet autre passage, avec toujours l'idée d'un ton un peu connoté :

  • Pour montrer un autre registre, je remets la voix la plus grave que j'ai jamais pu prendre pour lire un de mes extraits:

Une année de cinéma

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  • Bonjour à tous,


    J'ai pris début septembre une carte d'abonnement cinéma à l'année, plus précisément le cinépass Gaumont Pathé. J'en ai ressenti le désir pour plusieurs raisons. Tout d'abord, je me suis rendu compte que j'étais devenu une sorte de consommateur de films, sans respect pour ce que je regardais : avance rapide pour accélérer les scènes longuettes, pauses régulières voire arrêt total après 10 ou 15 premières minutes trop ennuyeuses. Attristé par ce constat, j'ai pensé qu'aller voir la plupart d'entre eux au cinéma me ferait davantage respecter, apprécier et accepter leur rythme, leurs idées. Paradoxalement, j'ai donc pris une carte à l'année, symbole de la consommation, pour lutter contre ma tendance au consumérisme. Et pour être honnête, jusqu'à présent, j'ai eu totalement raison. J'ai même eu le plaisir de me retrouver tout seul dans une salle pour regarder Okko et les fantômes. Je me suis même intéressé à l'histoire du cinéma à Toulon, qui comptait comme beaucoup de grandes villes française, une fouletitude de salles jusque dans les années 1970.


  • J'ai également pris cette carte pour m'obliger à regarder vers d'autres horizons, notamment le cinéma français et les documentaires que j'ai désertés. Cette réflexion, je l'ai eu en sachant que j'avais raté en salle The Strangers et Mademoiselle, deux films asiatiques absolument remarquables (et dont je parlerai dans un billet à venir sur les immanquables coréens). Voir davantage de films au cinéma, ce n'est pas prendre le risque de voir davantage de navets mais refuser celui de passer à côté de pépites qui jaillissent ci-et-là. Sans oublier le fait que les cinéma Pathé repassent d'anciens films des années 80 ce qui a fini de me décider. C'est presque un privilège de pouvoir regarder à nouveau des chefs d'oeuvre sur grand écran, spécialement quand on les a manqués. 

    Je me suis donc fixé une moyenne de10 films par mois (docus inclus). De sorte que tout au long de l'année, je mettrai à jour ce billet pour vous parler des œuvres qui m'auront marqué et que je vous conseillerai. Je les classerai par mois. Surtout, je ne ferai pas de longues critiques mais j'essaierai simplement de développer en quelques phrases un concept simple : ALLEZ LES VOIR ! :D

    Enfin, c'est l'occasion de vous dire que le meilleur, c'est encore de prendre un pop corn sucré, de manger le dessus, d'y verser des m&m's, de mélanger puis de goûter cette parfaite osmose.
  • .SEPTEMBRE. 

    (21 films vus)



    - I feel good.   [Bande Annonce]

    Comédie douce et dingue du duo Kerven-Delépine qui non contente de proposer une fable exquise, intelligente et pleine de tendresse bénéficie encore d'une réalisation magistralement étudiée (les cadrages, les idées de mise en scène, tout y est). Si je ne suis pas du tout attiré par le comédien Jean Dujardin, force est de constater qu'il est parfait dans son rôle et que le retournement de fin magnifie son personnage. Car il faut le dire, I feel good bénéficie du twist le plus drôle de l'histoire du cinéma. 


    - Mademoiselle de Joncquières  [BA]

    Bien joué, bien dit et très bien écrit, voilà un film en costume qui fait honneur au patrimoine français. Malgré quelques réserves sur Edouard Baer, loin d'être parfait pour incarner un aristocrate qu'on aurait vu volontiers plus élégant et fin de visage, le reste de la distribution fonctionne à merveille. Contrairement à Un roi et son peuple, navet fastidieux, bête et affreusement didactique au point qu'on le croirait produit par l'Education Nationale, période Nadjat Vallaud-Belkacem, on ressort de Mademoiselle de Joncquières avec le plaisir de savoir que le temps ne change rien à l'affaire. Les plaisirs du beau et de l'amour restent éternel. 


    - The Little Stranger  [BA]

    Un grand film qui tient avant tout par son concept, ses personnages et le soin très travaillé de l'atmosphère. Son manque d'action pourrait être vu comme un manque de rythme mais avant d'être un film d'horreur, le réalisateur propose le portrait d'une classe, d'une époque, d'un petit garçon. Ce mélange passionnant refuse les facilités du genre alors même qu'il propose à mon sens un angle inédit. Quoique beaucoup plus sobre, sans doute un film aussi important que Les Autres d'Alejandro Amenabar.


    - Climax  [BA]

    A la fois réactionnaire et déliquescent, le dernier film de Gaspard Noé est une réussite visuelle et auditive  à découvrir absolument... au cinéma (ah si seulement il avait été tourné pour l'IMAX). Les sens explosés dans une atmosphère moite, sensuelle et immonde à la fois, on valdingue plus qu'on ne danse, on trémule plus qu'on ne vibre mais tout de même... Une vraie claque. Malheureusement, ce film d'horreur qui refuse un peu trop les passages obligés, notamment dans son crescendo, ne connaît pas ce fameux climax et s'achève sur une fin tranquille pour laisser un léger goût de déception. Nonobstant, le reste s'avère original, créatif, puissant et bizarrement beaucoup moins décadent que la comédie-thriller L'ombre d'Emily. Puis ce plan séquence en intro... Une merveille.

    - Searching : Portée Disparue  [BA]

    Davantage qu'un chouette thriller, mené avec suffisamment de fausses pistes et de bons acteurs pour maintenir en haleine, c'est surtout par l'utilisation immersive, sensible mais critique de la technologie (réseaux sociaux, téléphone, ordinateur) que ce Searching fait son nid. Puis, entre nous,, j'apprécie souvent ces projets qui s'organisent autour des réseaux, un peu à la manière d'Unfriended (dans un registre horrifique/adolescent).


    ----------- [Autres films]

    Les sympas par ordre de préférence : Peppermint, Detective Dee, Okko et les fantômes, Hotel Transylvanie 3, The Meg, Mission Impossible Fallout, La Nonne, Première année.

    Les bofs : Les frères Sisters, Les Indestructible 2, Le poulain, Kin, L'ombre d'Emily. 

    Les navets : La prophétie de l’horloge, Un peuple et son roi, 22 Miles. 

  • .OCTOBRE.

    (10 films vus)


    - L'amour flou  [BA]

    Hilarante comédie teintée d'absurdité et de folie douce sur fond de famille baba cool des années 2000. Plus largement, un joli témoignage de l'ère du temps à cheval entre une époque abîmée et un idéal inaccessible, celui de l'amour éternel.

    - Upgrade  [BA]

    Excellent film de sf avec un traitement du transhumanisme concret, intelligent et surtout dynamique grâce à un réalisateur investi et des trouvailles visuelles inspirées. A la manière du Dredd avec Karl Urban, Upgrade n'est pas quelque chose spécialement attendu alors même qu'il fonctionne dans une mécanique claire, parfaitement huilée et qu'il marque instantanément.


    ----------- [Autres films]

    Les sympas par ordre de préférence : Miss Daisy et son chauffeur, Johnny English.

    Les bofs : Venom, First Man, la saveur des Ramen, 16 levers de soleil (pour la première fois, j'ai ressenti toute la fragilité et l'angoisse à s'élancer vers l'espace. Malheureusement, pour le reste, le narrateur a une voix médiocre, tout est trop vu par le petit bout de la lorgnette et l'ensemble manque de dramaturgie, de récit. Il s'agit plutôt d'une succession d'images pour coller à un homme Thomas Pesquet, - inexpressif et qui n'a pas grand chose à dire - avec l'envie de tracer un parallèle avec Saint-Exupéry).

    Les navets : Alad'2, Galveston, Haloween.

  • .Novembre

    (6 films vus)


    - Silvio et les autres [BA]

    Farce orgiaque, puissante et stylisée qui cloue au pilori un homme tour à tour séduisant, chaleureux, médiocre et profondément misérable, un homme qui se sera servi lui-même et des autres avant tout. La présence de femmes superbes et magnifiquement filmées resteront gravées dans les mémoires mais ne rachètent pas forcément certains passages plus dilettantes, des choix malheureux et des problèmes de rythme. Clairement, un long métrage qui ne plaira pas à tout le monde. Il n'en reste pas moins une interprétation est superbe, une photographie phénoménale, une langue sublime, un sens dévastateur et une bande son parfaite.

    - Chacun pour tous [BA]

    Tiré d'une histoire vraie, ce film s'avère comme une excellente comédie sur le basket et la situation du handicap avec des acteurs toujours justes. Les répliques font mouche, le film ne tombe pas dans les écueils du genre(pas de moraline) et le rythme ne faiblit jamais. En somme une autre histoire du sport et des Jeux Olympiques.

    ----------- [Autres films]

    Les sympas par ordre de préférence : En liberté.

    Les bofs : Le grand bain.

    Les navets : Chair de Poule 2, The Predator.

  • .Décembre

    (6 films vus)


    - Spiderman New Generation [BA]

    Formellement éblouissant même si certaines idées auraient pu servir davantage de fil conducteur, ce Spiderman est un projet rondement mené, bien rythmé, rafraîchissant et inventif mais qui lorgne un peu trop vers le communautarisme (à croire qu'il faut cocher tous les clichés) et le marketing de la marque au détriment d'une certaine nuance. Très bonne surprise. Et très bonne 3D au demeurant.

    ----------- [Autres films]

    Les sympas par ordre de préférence : Mortal Engines.

    Les bofs : Killer Hunter.

    Les navets : Aquaman, Asterix et le secret de la potion magique, l'Empereur de Paris.

  • .Janvier

    (8 films vus)


    - Bohemian Rhapsody [BA]

    Sans être un biopic d'une fidélité remarquable tant le récit prend ses aises avec la vérité, le film reste une ode puissante à la musique de Queen autant qu'à ses membres avec, en point d'exclamation, la personnalité et le charisme extraordinaire de Freddy Mercury, magnifiquement interprété par Rami Malik.

    - La Mule [BA]

    Un excellent cru dont on se demande quelle est exactement la part d'authenticité. En soi un tour de force de l'ami Clint Eaastwood puisque le film, en plus d'être très bon, est limpide, drôle et terriblement efficace. On a rarement vu un crépuscule offrir de si belles heures..

    - L'heure de la sortie [BA]

    En soi, le film n'est pas très bon. Il manque de rythme, de densité, de suspens. Il aurait pu ouvrir des pistes ou faire douter du personnage principal (un peu à la manière de The Invitation) mais il tente à la place de proposer une atmosphère vaporeuse qu'on peine à ressentir. Malgré tout, je suis ressorti du film content et curieux. Le casting est très bon, le sujet est audacieux et bien cerné tandis que la réalisation cherche à jouer avec les codes. C'est rare de voir le cinéma français s'emparer de telles sujets avec une vraie réussite formelle et beaucoup de questionnement. Profond quoiqu'un peu vain tant ça manque de corps, mais surtout audacieux, supporté par un excellent casting et une très bonne bande originale (deux superbes reprises de Patti Smith). Intrigué en entrant dans la salle, intrigué en sortant.

    ----------- [Autres films]

    Les sympas par ordre de préférence : Raging Bull (très bon film mais dont je ne comprends pas l'aura. Le critique Philippe Rouyer, engagé par Gaumont-Pathé pour évoquer le chef d'oeuvre de Scorsese, développe l'histoire d'une rédemption or je n'en vois aucune (c'est même tout le contraire). Il me semble d'ailleurs que l'ensemble raconte davantage une époque qu'un boxeur. C'était la troisième fois que je le voyais -première au ciné évidemment - et si la forme reste exceptionnelle, je trouve son fond franchement moins fort), Creed 2 (bien meilleur que le premier et nettement plus intéressant) Colette, Glass.

    Les bofs : Bumblebee (pour le coup, j'hésite à le mettre en sympa car la bande originale avec les Smith était extra et l'actrice, qui plus est, excellente -une future grande, un peu à la manière d'Anya Taylor Joy).

    Les navets :

  • .Février

    (6 films vus)

    - Nicky Larson [BA]

    Excellentissime ce Nicky Larson, le parfum de Cupidon. Non seulement, c'est un superbe hommage à la génération club dorothée mais c'est aussi une pure adaptation du dessin animé. J'ai pleuré de rire du début à la fin en raison d'une avalanche de gags extrêmement bien trouvés, mélange de farce et de gauloiserie. Non, vraiment top top top : chouette casting, purs caméos, un paquet d'éclats de rire et de la bombasse sur toute la bobine. Du coup, mise à part une petite réserve sur l'acteur principal, c'est tellement généreux de sa part que je dis BRAVO et vivement la suite !!

    - Le chant du loup [BA]

    Très bon film français qui n'a rien à envier aux cadors du genre, notamment américains. Le récit est porté par un bon casting, une réalisation efficace, un scénario solide et une crédibilité de tous les instants. Voilà une création ambitieuse qui rend fier du cinéma hexagonal. Mis à part la fin qu'on sent calibrée pour l'international, c'est un sans faute. Qui plus est, certains plans ont été tourné à Toulon.

    - BTS [BA]

    J'ai vu pour la première fois un concert au cinéma, qui plus est un concert de K-pop, celui du groupe BTS. Je dois reconnaître le côté terriblement pro et efficace de ce boys band nettement plus performant et entraînant que ses homologues français et américains. On était 2 mecs dans la salle, ahah, mais voir un concert au cinéma n'est pas déplaisant. Ca n'a rien à voir avec le fait d'y assister, c'est certain. Mais ça reste agréable et confortable.

    ----------- [Autres films]

    Les sympas par ordre de préférence : Artic.

    Les bofs : Battle Angel Alita.

    Les navets : Ralph 2.0.

  • .Mars

    (8 films vus)

    - Le Mystère Henri Pick [BA]

    Excellenti

    - Matrix [BA]

    Très b


    Les sympas par ordre de préférence : Escape Room, Sang froid, Grâce à Dieu, Captain Marvel.

    Les bofs : 

    Les navets : Us, DBS : Super Broly. 

  • .Avril

    (6 films vus)

    - Green Book [BA]

    Excellenti

    - Dumbo [BA]

    Exc


    Les sympas par ordre de préférence : Shazam

    Les bofs :  Captive State,  La dame blanche, Simetierre,



  • .Mai

    (7 films vus)

    Godzilla 2  [BA]

    Excellenti


    Les sympas par ordre de préférence : 

    Les bofs : Avengers: Endgame (je l'aurais volontiers classés dans sympa mais je ne m'en souviens plus un mois plus tard). 

    Les navets : The dead don't die, Hellboy, Tanguy 2, Detective Pikachu, Aladdin.


  • - Initiation

    Les Star Wars sont des récits initiatiques à travers lesquels les héros mûrissent, grandissent (y compris du côté obscur), aidés par des maîtres qui les poussent à s'accomplir et leurs donnent les armes, physiques comme mentales, pour le faire. Dans le cas du réveil de la force, le personnage de Rey n'apprend de personne. Elle est autodidacte, maîtrise excellemment le combat (au bâton) et le pilotage (véhicule comme vaisseau). En ce qui concerne l'utilisation de la force, elle semble naturellement plus douée que Luke et surtout qu'Anakin (pourtant engendré par les midi-chloriens), sans même avoir reçu de formation. Elle est encore mature, décidée et se paie le luxe de battre Kylo Ren lors de leurs deux affrontements (le premier mental, le second physique). Bref, c'est un personnage accompli, dominant. C'est aussi ce qui la détache des précédents héros. La seule aide pourrait venir de Maze mais le personnage n'a aucune influence. De fait, Rey contredit le genre auquel le film appartient puisque le récit tourne autour de l'évolution de jeunes gens, de leur découverte d'un monde nouveau (la force pour Rey, la liberté pour Finn), de leurs épreuves et de leurs rites de passages. C'est dire à quel point le récit est paradoxal, factice. Certains expliqueront que SW7 casse les codes (ce qui supposerait un film d'auteur), d'autres affirmeront qu'ils ne sont pas maîtrisés. A mon sens, la deuxième proposition ne fait aucun doute. Qui placerait une autodidacte dans un récit initiatique ?


    - Des questions sans réponses

    Le film laisse en suspend un certain nombre d’éléments. Alors que la politique a toujours été prégnante dans la saga, l'épisode 7 ne dit rien de ce qui a provoqué la guerre. On ne sait pas ce qu'est le premier ordre, ni la résistance. Du coup, cela donne l'impression que la fin de l'épisode VI n'était pas une conclusion mais une sorte de parenthèse. A noter que répondre à ces interrogations ne nécessitait que deux lignes de dialogue, utiles à la clarification des enjeux et à la mise à distance des deux films. Surtout, pour celui qui s'interroge, l'absence d'informations est une gêne. Il en va par exemple des Jedi. On peut comprendre que Rey -qui vit dans un patelin paumé- ne soit pas au courant de leur existence, et qu'on lui en parle comme d'une légende. Mais pour les autres personnages ? Surtout, pourquoi le film n'explique rien ? On sait que les Jedi l'ont emporté à la fin du 6 ème épisode. On sait surtout que 10 ou 15 ans avant les événements, Luke formait des Jedi et que ses apprentis ont été massacrés par Kylo Ren. Alors pourquoi ne pas expliquer comment ces fameux Jedi ont pu être rayés de la mémoire collective ? Idem pour Star Killer. Pourquoi n'avoir rien dit du temps et des ressources qu'il a fallu à sa construction ? Comment a-t-elle été dissimulée ? Le fait de ne pas donner les clés de compréhension au spectateur nuit à l'immersion, à la qualité de l'intrigue et à la cohésion de l'univers. Il y a de quoi être incrédule devant ce Star Wars qui semble utiliser l'univers de Lucas comme une sorte de prétexte. Il n'y a aucun travail de préparation, de construction, de temporalité. Alors peut-être que l'épisode 8 apportera des réponses mais ça ne rend pas ce premier visionnage meilleur. Au contraire...


    - La démystification de la force

    Le fait que Rey soit aussi puissante dès le départ, sans rien savoir de la force, tout en pensant que les Jedi sont un mythe, est gênant Mais le personnage est noble, intense, et bien joué. Elle sauve donc les apparences. Pourtant à partir du moment où Finn, son acolyte et simple stormtrooper, combat au sabre laser, il en diminue le mythe. Un peu comme si n'importe qui pouvait tirer Excalibur.

    Les rapports de "force" eux-mêmes posent problème. Il en va de la capacité de Finn à s'opposer à Kylo Ren alors qu'il avait été battu, quelques temps plus tôt, par un stormtrooper armé d'un bâton électrique. La maîtrise de la force de Kylo Ren a également de quoi perturber. Il est capable d'arrêter un tir de laser mais ne montrera ensuite que des capacités inférieures à son rang (et à celles de Rey). On voit là comment l'absence d'initiation fausse les rapports entre les personnages et finalement les rapports de force. On voit aussi comment la force a été vidée de sa mystique. C'est une simple capacité et non plus une sensibilité, un travail sur soi, un engagement.

    Enfin, c'est problématique dans la perspective de l'épisode 8. Prenons simplement l'exemple de Finn. Soit il n'a rien à voir avec la force et il la normalise. Soit il s'avère descendant de je ne sais quel Jedi et on se trouve devant un trio de "fils de". Bonjour le sang neuf. Sans oublier que tous les personnages vont devoir passer par une phase d'initiation pour gagner en pouvoir. L'incohérence sera totale. Comment mettre rapidement ces protagonistes à niveau quand on a vu à quel point la maîtrise de la force les séparent ? Ou alors ils supprimeront cette phase et partiront sur une Rey entraînée depuis des années par Luke. Ça ferait un sacré trou : mais qui préserverait la logique d'un récit initiatique sans initiation. 


    - Redite

    Ce 7ème épisode emprunte beaucoup à la trilogie originelle. Il y a le droïde qui contient les plans que convoite le quasi empire, la quasi étoile noire qui détruit des planètes, la réunion des quasi rebelles, les bouclier à débrancher, le renégat de la famille, le mystérieux personnage qui tire les ficelles. Or les scènes sont souvent moins bonnes que dans la trilogie originale, parfois moins épiques (comme les quelques X-Wings qui attaquent star killer). De même, la tension dramatique est moindre. Il n'y a pas les pièges de l'empire ("it's a trap"), ni la menace ou la violence que représente le côté obscur, y compris pour lui-même (on se souvient de la manière dont Vador punissait l'échec). Enfin, les personnages font écho à ceux de la première trilogie. Rey rappelle Luke, Poe rappelle Han jeune, Hux rappelle le premier amiral de l'empire, Snoke rappelle l'empereur, Maz rappelle Yoda, BB8 rappelle R2D2, on retrouve le quatuor initial (Luke, Han, Leïa, Chewie). Bref, les personnages occupent la même fonction ou servent de décalque quand ils ne sont pas simplement les mêmes. Sans parler des décors qui se juxtaposent. De sorte que ce qui pouvait apparaître comme un prolongement forme une boucle. Et l'univers de la saga se ramasse sur lui-même. Un peu comme si vous proposiez la suite du Seigneur des anneaux avec des hobbits chargés d'aller au Mordor pour détruire un deuxième anneau. Sauf qu'on aurait changé la skin des persos et que Gandalf reprendrait son rôle. Mais qui oserait proposer ça ?


    - Personnages inconsistants

    La plupart des personnages ne se tiennent pas et se contredisent très rapidement. Par exemple, Finn décide d'abandonner Rey pour aller se cacher dans la bordure extérieure. Il connaît le pouvoir du premier ordre, il est au courant de Star Killer (par contre, il a oublié d'en parler), il ne rêve que de s'enfuir. Il est donc logique que lorsque Rey lui demande de rester, il refuse. Mais quelques instants plus tard, alors que le premier ordre attaque, il décide de rester et de se battre. Lui qui expliquait, quelques secondes plus tôt, que ce n'était pas son combat l'a fait sien. Bref, il fuit la guerre pour mieux l'embrasser. Après, certains diront qu'on a tous nos contradictions, que ça casse les codes, qu'il cherchait un prétexte pour rester, qu'il s'attache vite. Sur ce dernier point je suis d'accord, il aura fallu un peu moins de 30 secondes pour que Poe et lui deviennent les meilleurs amis de la galaxie. Malheureusement, Finn n'est pas présenté comme quelqu'un de versatile mais comme un personnage décidé. Là est le hiatus. Enfin, ce qui gène, c'est qu'on retrouve ces contradictions partout, dans d'autres personnages et dans le récit lui-même. On a l'impression que tout est factice, pesant. Ce qui nous amène à Kylo Ren.


    - Kylo Ren

    Le personnage est présenté comme maîtrisant la force de manière remarquable. Il est capable de figer des lasers (c'est la seule bonne scène du film). Mais psychologiquement, il n'arrive pas à gérer ses émotions et pique des crises de colère. Il explique lui-même qu'il est tiraillé entre la lumière et les ténèbres, ce qui est sans doute la raison de son trouble. En soit, ce n'est pas un problème. On aime ou pas l'ado qui débloque en cassant du mobilier. Pour le coup, la moitié des gosses de la planète vont pouvoir s'identifier. De même, on aime ou pas l'acteur. Comme on peut trouver original d'avoir un méchant sans charisme. "Ca casse les codes !" Quoiqu'il en soit, le souci est d'ordre logique. Le personnage est inconsistant au possible. 4 exemples :

    1) Kylo explique qu'il est tiraillé entre le côté obscur et lumineux de la force. Il semble malgré tout avoir choisi dès le début de l'aventure puisqu'il fait massacrer des innocents. Surtout, rien dans le reste du film ne viendra justifier ou prouver son hésitation. Il ne fait que tuer, torturer, menacer et se mettre en colère. En fait, nous sommes là encore dans le prétexte. Le personnage ne prouve jamais ce qu'il révèle de lui. C'est une contradiction phénoménale. Et c'est très infantilisant comme caractérisation.


    2) Qu'est-ce qui justifie sa volonté de suivre les traces de Dark Vador ? Luke ne lui a-t-il pas révélé qu'Anakin était tombé du côté obscur par peur de perdre son grand amour ? Personne ne lui a dit que Vador avait tué l'empereur et rejoint le côté "lumineux" après avoir été formé par lui ? Pourquoi le fantôme du grand-père ne lui apparaît pas ? :D On sent bien, surtout, comment la mise en scène échoue totalement à donner à Kylo Ren la même stature que celle de Vador, à montrer le parallèle. Ce qui faisait la force de Vador, c'était qu'il était craint aussi bien par les rebelles que par ses hommes. Il était impitoyable, mystérieux et ses "colères" se terminaient par la mort ou un châtiment. Là, Kylo Ren n' est qu'un ersatz. Sa prestance s'effondre au moment où il enlève son casque, ses dialogues sont médiocres, il se fait "marcher dessus" par le général Lux, par Rey et même un peu par Finn. Mais hé, ça casse les codes ! C'est vrai que c'est original d'avoir un méchant lavette et colérique, qui n'a aucune aucune consistance, et qui semble dérangé par un côté lumineux qui n'existe clairement pas (ou plus) en lui. En fait, il repose - comme tout le film - sur une successions d'idées empilées, sans cohésion.

    3) Si l'intensité du pouvoir de Kylo Ren avait jailli après le meurtre de son père, tout s'expliquait. Le fait même que son basculement définitif vers le côté obscur ne l'aide pas dans son combat final est ahurissant. Et si la mort de son père ne l'a pas fait basculer (peut-être qu'il connaîtra encore des doutes dans le prochain), c'est encore plus grave. La force est déjà complètement factice. Mais, là, l'idée achèverait totalement la filiation. Bref, alors que ce personnage est hésitant, le meurtre est trop radical pour le garder dans son état initial (sans même parler du fait que Vador avait refusé de tuer son fils, du coup on se demande en quoi il marche dans ses traces).

    En termes de jeu d'acteur,cela aurait dû le transfigurer mais il reste l'ado mal dans sa peau. En fait, quelle que soit la situation, il ne fait que faiblir (doute, colère, l'éclair de rédemption, meurtre). Rien ne l'empêche de pâlir. Ce n'est même plus casser les codes du récit initiatique, c'est aussi casser les codes du récit d'aventure. Du reste, il est important de comprendre que le personnage de Kylo Ren faiblit non pas pour obéir à une logique propre mais parce que les héros n'ayant pas été initiés, c'est un moyen un peu bidon pour les grandir. Aux uns, on donne des power up bien cheatés quand ils en ont besoin, aux autres, on met des bâtons dans les roues. On dirait un shonen écrit sur une nappe en papier.


    4) Le fait qu'il perde contre Rey et Finn illustre tous les problèmes du film : la mise en scène, d'abord, est à côté de la plaque. Elle instille le doute, laisse penser qu'il perd parce qu'il est blessé. Or il est battu parce que Finn se révèle et que Rey le domine une nouvelle fois. En fait, il se bat plutôt bien Kylo Ren. Ce n'est pas son physique qui craque, c'est le pouvoir et le mental de Rey qui le surpassent. C'est à dire que le personnage aurait dû grandir après son parricide et vaincre malgré sa blessure. Ce devait être sa libération. Bien sûr, on peut repenser à Anakin lorsqu'il tue sa femme et qu'il perd le combat contre Obiwan. Redite une nouvelle fois mais sans compréhension. Il fallait qu'Anakin soit détruit pour devenir Vador. Parce que Luke sentait du bon en lui. Mais où est le bon dans Kylo Ren ? Et qui le sent ?

    4 bis) Quoiqu'il en soit, le point majeur est plus éclairant. On nous explique que la blessure de Kylo Ren justifie sa défaite. Mais que fait Kylo Ren pour amplifier son pouvoir au début du combat ? Il frappe sa blessure. Le côté obscur, c'est la colère, la douleur, la haine, la rage. Tous ceux qui veulent justifier la défaite par la blessure ne voient pas qu'il s'agit de la seule cohérence de tout le métrage ! Kylo Ren fait appel au côté obscur pour dominer ses adversaires. Et il échoue lamentablement. La force, ce n'est pas un physique optimal. Ça explique pourquoi Yoda la maîtrise aussi bien dans un corps vieux et chétif. 


    - La déception Sky Walker

    Ce qui était bien dans la prélogie, c'était qu'elle montrait l'échec total de Yoda, resté dans sa tour d'ivoire, et s'obligeant finalement à l'exil. Seulement, l'exil et l'échec de Luke paraissent incompréhensibles eu égard à ce qu'il a fait : rallier Vador et détruire l'empereur. Outre la redite (encore), calquer le comportement de Luke sur celui de Yoda nous renvoie non seulement en arrière mais dissout le sens de la conclusion de l'épisode VI. Luke était un héros. Luke avait triomphé de l'empire. Mais Luke n'est plus ce héros. Il n'a même pas réussi la formation de Kylo Ren. Son échec est total. On est passé de vainqueur à vaincu, sans aucune explication. Le seul moyen de sauver ce qui est sauvable, c'est d'en faire un personnage qui attendrait un signe de la force, donc l'arrivée de Rey. Mais là encore, quelle redite.


    - Phasma

    Je n'ai pas fait attention à ce personnage parce que je n'avais pas du tout suivi la promotion et le marketing de Star Wars. Avant d'entrer dans la salle, j'avais vu la bande annonce il y a 6 mois ou 1 an puis je l'avais oubliée. Je ne savais pas que ce caractère avait été mis en avant, décevant les attentes des fans (vu sa transparence, je pensais qu'il s'agissait d'une espèce d'officier random). Mais Matthew m'a écrit ceci pour me faire part de sa déception. Sa proposition est tellement limpide qu'elle montre bien le niveau abyssal de l'écriture :

    "Phasma aurait pu être beaucoup plus classe et importante : si elle avait surpris Finn lors de son refus de combattre/massacrer au lieu de Kylo Ren, si elle avait été en charge de l'attaque du temple de Maz et si elle s'était battue contre Finn, elle avec son bâton électrique, lui avec son sabre laser, on tenait quelque chose. Avec une ou deux petites scènes où Kylo Ren l'aurait rabrouée et menacée, lui reprochant la trahison de son stormtrooper, sa responsabilité directe, alors on aurait eu un personnage supplémentaire,une Némésis pour Finn et autre chose qu'une nouvelle armure. D'ailleurs, elle a l'air d'être la seule capitaine de toute l'armée. Je n'ai pas vu d'autres armures comme la sienne."


    Le retour des vieilles gloires

    On peut apprécier le clin d'oeil. Ce qui me gène dans le retour d'Han Solo et de Chewbacca, c'est l'absence de temporalité. On les retrouve comme si on ne les avait jamais quittés. Or qu'apprend-on au cours du film ? Que le premier ordre menace, que Leïa dirige la résistance, qu'ils se sont séparés et qu'ils ont eu un fils qui est devenu un boucher notoire. Non seulement, ces personnages ne semblent pas porter le poids de ces stigmates (ni même de l'âge, ce qui aurait pu être un ressort autre que les vannes bien nulles qui sont balancées) mais il n'y aura jamais de finesse dramatique dans leur exposition, dans leur jeu ou dans leur dialogue. C'est comme si Star Wars avait été conservé dans le formol, sans tenir compte des nouveaux enjeux, déjà pauvrement installés (Ben Solo). Problématique également, la chirurgie esthétique, les lifting et les injections de botox ont transformé la princesse Leïa en patiente du docteur Troy. Voilà que le film nous ramène à la triste condition de l'acteur vieillissant à Hollywood. Ah et je précise que si le visage d'Harrison Ford avait été figé et ciré de la même façon, il aurait reçu les mêmes critiques.


    - Mise en scène plate

    La fin de Han Solo me dérange. Et je dois avouer qu'eu égard au rôle fondamental du personnage, la faiblesse de la dramaturgie (lorsqu'ils reviennent tous après sa mort) souligne un point terrifiant à savoir que la mise en scène ne fait qu'empiler les scènes sans crescendo dramatique. Il n'y a ni pause, ni attachement, ni deuil. C'est une succession de situations sans souffle, sans regard, sans temps mort (donc sans temps pour veiller les morts). Difficile d'y voir une réalisation qui casse les codes. On se retrouve vraiment devant quelque chose de très formatée (la scène où tout le monde lève les yeux pour voir le laser dans le ciel, on se serait cru devant un film catastrophe). Il y a aussi pas mal de petits moments d'insistance pour appuyer un propos déjà bien lourd (je me souviens d'Han Solo faisant une vanne et de la caméra restant sur lui pendant une seconde pour bien nous signifier de rire, de goûter le bon moment de papy rigolade). Et si la force elle-même n'est plus une mystique (malgré la justification idiote des midi-chloriens dans la prélogie, on se souvient tous de la scène, brillante, où Liam Neeson s'agenouille pour s'apaiser et faire appel à la force), c'est en raison de la réalisation. Cela dit, le plus significatif tourne quand même autour du personnage de Kylo Ren, de la direction de l'acteur, du moment et de la manière dont il enlève son masque, du parallèle avec Vador. Tout ça est fait à la truelle. Et c'est d'ailleurs ce qui nous amène au côté obscur qui arrive à cumuler tous les défauts du film, plus encore que les héros.


    - La transparence du côté obscur

    Le côté obscur est représenté par 3 personnages qui ont tout d'une équipe de bras cassés (cette défaite monumentale quand on y pense, les mecs terrassés par 2 novices et 15 X-Wings). Les 3 ténors - Snoke, Kylo Ren et le général Lux - sont en deçà de ce qu'on attendait et n'arrivent jamais à concrétiser l'idée de menace, de domination ou de pouvoir. Globalement, ils ne sont pas servis par un bon casting ou, c'est selon, par une bonne direction d'acteur. Les acteurs font ados de cours d'école. C'est incroyable de voir qu'un artiste aussi doué que Domhnall Gleeson (alias Hux) ait pu livrer une prestation aussi indigente (costume minable, jeu monolithique, dialogues risibles). Du coup, pour les renforcer, Abrams se sert d'artifice de mise en scène. Pour Hux, il va s'employer à faire un parallèle extrêmement grossier avec le 3ème Reich. Comme pour Leïa qui nous ramenait à la réalité à travers l'irruption du réel (la chirurgie esthétique), là on nous renvoie directement à l'Histoire. On sort le reich du formol.

    Un autre artifice de mise en scène complètement raté (il y en a bien une centaine) tient au grossissement de l'hologramme du personnage de Snoke. Puisqu'il n'est ni mystérieux, ni menaçant, ni autoritaire, ni démonstratif, que rien de ses relations avec ses subalternes ne laisse imaginer un pouvoir ou une intelligence supérieure, qu'il porte un nom ridicule et qu'il ne ressemble à rien, alors Abrams le grandit pour l'imposer dans l'esprit du spectateur. Où est le charme et le mystère de ces petits hologrammes des précédents épisodes ? Il y a un paradoxe permanent entre la petitesse de la vision et les artifices grossiers de mise en scène et d'écriture ou tout doit être bigger, louder. Etrange pour un film censé casser les codes. 


    - La musique peu inspirée

    La musique est très décevante (une première dans la saga). Il y a quelques beaux thèmes (celui de Rey) ou de bonnes envolées mais globalement, c'est fade. A l'image de l'insipide scherzo des X-Wings : https://www.youtube.com/watch?v=xJzuanMUuS4


    - Les Deus Ex Machina

    Le Deus Ex Machina est une expression latine qui habille mieux le classique "Comme par hasard", à savoir la résolution d'une situation par un artifice. Le problème de ce film n'est pas l'existence de Deus Ex Machina mais leur multiplication. Il se trouve que pour apprécier quelque chose de narratif (un film, un livre), une oeuvre fait appel un mécanisme psychologique qu'on appelle la "suspension consentie de l'incrédulité". En gros, on accepte les présupposés ce qui nous permet de nous immerger. Mais cette suspension est de moins en moins consentie à partir du moment où les présupposés apparaissent maladroits, incohérents, contradictoires ou infantiles. Par exemple, si un film fait croire qu'il existe une force mystique réservée aux élus, oui, on l'accepte. Mais si on nous montre que la force peut être utilisée par n'importe qui alors elle n'est pas réservée aux élus : on devient donc moins enclin à prêter foi à ce qui nous est dit et montré. Alors, bien sûr, nous ne sommes pas égaux devant la crédulité. Certains relèvent vite les contradictions, d'autres ne voient aucun problème. Mais on peut dire, malgré tout, que le film empile tellement de résolutions artificielles qu'il est normal qu'un certain nombre de spectateurs soient sortis ou aient été exclus de la narration.

    Exemple du fameux empilement à travers l'héroïne. Ok Rey vit sur une planète où se trouve le faucon millenium. Ok Rey se trouve aussi sur la planète où se trouve BB8. Ok Rey est plus doué qu'Anakin sans formation. Ok Rey est capturée par Han Solo dès qu'elle s'empare du faucon (c'est plus de l'hyper espace, c'est de la téléportation). Ok Rey pilote le faucon millenium parce qu'elle sait piloter son scooter des sables. Mais Rey qui tombe sur le sabre de Luke, au fond, à gauche, dans la cave, ça serait pas un peu la goutte d'eau pour faire avancer le scénario au prix d'artifices toujours plus gros ? On a envie de lui dire : mais joue au loto ma fille !


    CONCLUSION


    Ce qui me gène, ce n'est pas de trouver des contradictions, des paradoxes, des ellipses en forme de trou noir, des deus ex machina, des erreurs de casting, une musique faiblarde, un "aménagement" de la mythologie (je suis pas fan de Star Wars mais j'aime bien), des facilités. Non, le souci, c'est leur succession permanente. Le film n'a pas des moments de faiblesse, c'est un moment de faiblesse du cinéma tout entier. Enfin, j'aimerais rappeler que ce Star Wars n'est pas un film d'auteur : il le prouve par ses paradoxes, ses contradictions, son pillage, ses incohérences. Alors comment se pourrait-il qu'un film ultra commercial, qui doit fédérer tous les publics, sous la férule de Disney, cassent volontairement des codes aussi élémentaires ? La réponse, c'est qu'il n'y a plus besoin de respecter des codes et de faire de bons films populaires pour vendre des billets.

  • Bonjour à tous, 

    Voici le premier chapitre de mon roman Star Wars intitulé "Année Zéro". Je proposerai un chapitre par semaine. Au programme : des nouveaux pouvoirs, des combats, des retournements, de l'aventure, de la spiritualité, des civilisations, etc... Bref, je vous invite à plonger avec moi dans les étoiles et à monter à bord de croiseurs interstellaires. N'oubliez pas votre sabre laser. 

    Avant toute chose, pour m'introduire, je ne suis pas un fan de la saga mais j'aime l'univers. Je le trouve fascinant. Et cela fait longtemps que j'ai envie de l'exploiter à ma sauce. Je dois aussi avouer que le fait d'avoir écrit de longues critiques des films Star Wars 7, Rogue One et bientôt Star Wars 8, m'a donné envie de me frotter au sujet. Je trouve beaucoup plus intéressant qu'un critique propose sa vision d'une oeuvre qu'il conteste plutôt que de rester dans la pure analyse. Alors voilà, il me semble qu'on peut faire autre chose avec Star Wars que ces 2 derniers films risibles reposant sur des personnages malheureusement trop creux et des trames aussi peu inventives. 


    Pour ceux qui se lanceront dans la lecture, je ne propose pas là une version tout à fait définitive. Les chapitres seront très lisibles, avec des descriptions mais je pense les reprendre quand tous auront été écrits pour les densifier, donner davantage d'atmosphère. Quoiqu'il en soit, je suis assez content de l'histoire et je vous conseillerai d'attendre le chapitre 3 qui donnera un bon aperçu de la trame. Je sais que la petite vidéo d'introduction est un peu en retrait, alors que ce 1er chapitre part sur les chapeaux de roue, mais j'ai conçu une histoire avec des personnages que j'espère intrigants, riches, nuancés. Enfin, je me rapproche beaucoup plus de l'univers étendu que de la saga cinématographique. Je sais que certains crieront au blasphème vu certaines libertés mais vous verrez aussi de nombreux raccords, des explications que je trouve cohérentes avec le background. Du reste, s'il est certain qu'on peut mettre sa personnalité dans son travail pour en sortir quelque chose qui nous ressemble, je ne cherche pas non plus à réinventer. Je vois Année Zéro comme un prolongement assez respectueux des codes, finalement, avec la volonté de les exploiter ou de proposer une lumière un peu différente. Et je publierai dans le topic Année Zéro du forum du magazine Icare, les critiques que je recevrai.


    Allez voilà, il est temps de commencer. Un petit générique pour introduire l'univers et hop. Que la force soit avec vous !


  •   

     HUIT


    Le vaisseau de Darth Cinna et de Darth Marionetis sort de l’hyperespace. La planète Oortha se dévoile sur l’écran, petite bille de la circonférence d’une demi-lune en suspension dans la bordure extérieure. L’hémisphère sud s’avère en éruption permanente, terre noire striée de veines de lave, tandis que le nord offre ses paysages de glace, abruptes, déchirés. Le vaisseau plonge immédiatement dans son atmosphère, traverse la couche de nuage et de brume. La pluie de grêlons de la taille de ballons sondes frappe violemment la carlingue. L’écho de ce tambourinage se propage dans l’habitacle sans pour autant troubler ses deux occupants. Un peu plus bas, le radar fait apparaître une base creusée au sommet de la plus grande montage. Les plans dévoilent le réseau à l’intérieur de la roche, ses pièces, ses couloirs, ses escaliers qui fuient jusque dans les profondeurs, vers le magma.


    Soudain, des canons s’actionnent. Des tirs lasers bombardent le bouclier du vaisseau. Darth Cinna entame une manœuvre, vrille. Son pilotage est vif, précis, sec. Elle verrouille les canons hostiles, tirent plusieurs missiles qui détruisent les défenses. Finalement le vaisseau se pose sur la plate-forme d’atterrissage battue par la tempête. La seigneure noire des Sith, Darth Cinna, aux iris rouges et jaunes tout juste délimitées par un fin liseré bleu, se trouve sur la passerelle qui descend vers la piste. Elle se tient droite, drapée dans sa longue tenue noire qui la serre au corps, le visage dans la pénombre de sa capuche, quelques mèches blondes dépassant à peine. A ses côtés, Darth Marionetis porte des vêtements couverts de lanières de métal ainsi qu’un masque noir en forme de main. Ce dernier ne laisse apparaître que son oeil rouge et la partie haute de la moitié droite de son visage juvénile. Il n’a pas 20 ans.

    – Ils ont pénétré nos systèmes, retourné nos canons, constate Marionetis. Ce n’était pas prévu.

    – Non. Mais je n’ai rien contre un peu d’originalité.

    – Je crains que vous ne soyez déçus une nouvelle fois, Maître.

    – Je n’ai rien contre la déception non plus. La déception mène au ressentiment. Le ressentiment à la colère. Tes sens devraient être aiguisés, mon apprenti. Tu perçois quelque chose ?

    – C’est très faible mais oui.

    – Des vivants ou des morts ?

    – Des morts. Beaucoup. Et autre chose. Quelque chose de ténu, de discret, pourtant d’omniprésent.

    Darth Cinna sourit cruellement avant d’ajouter :

    – Intéressant. Tu n’identifies pas la menace. Une première depuis que j’ai tué ton ancien maître...

    – Malheureusement, je ne sens pas tout.


    Les deux Sith quittent la passerelle, s’engagent sur l’ère d’atterrissage. Cinna a dressé un mur de force, une sorte de toit sur lequel s’écrasent les grêlons alors qu’ils rejoignent l’entrée de la base. La porte est verrouillée. D’un geste de la main, elle force l’ouverture. L’énorme mur d’acier se lève. 5 corps gisent à l’entrée.

    – Des Jedi, annonce Marionetis, penché sur les cadavres.

    – Je sais, répond Cinna en observant l’un des corps coupé en deux. Celui-là fut mon élève. Aken Mush.

    Marionetis continue d’inspecter les corps.

    – Aux blessures Maître, leurs ennemis maniaient des sabres laser. Aucun tir, c’est certain.

    – Le Seigneur Aetius n’aimera pas. Comment des Jedi ont-ils découvert l’existence de ce temple ? Et pourquoi nous avoir combattu ?

    – Je ne sais pas, Maître. Combien y avait-il des nôtres ?

    – Une centaine. Une quinzaine de maîtres, autant d’apprentis et les serviteurs initiés.

    – Je vois. Dans ce cas, j’ai bien peur que quelqu’un nous ait trahi.

    – Trahir le seigneur Aetius ? Tu n’y penses pas.

    – Quoiqu’il en soit, nous ne trouverons pas de survivants parmi les nôtres.  Je compte 128 cadavres. Et des formes, si évanescentes que je ne peux pas déterminer si elles sont mortes ou vivantes. Mais ce ne sont pas des Jedi, c’est certain.

    – De qui s’agit-il ?

    – Aucune idée. Mais nous saurons vite. On nous attend.

    – Oui, je le ressens cette fois. C’est étrange. On nous invite.


    Darth Cinna et Darth Marionnetis s’avancent, quittent le hangar, suivent un immense corridor, traversent de nouvelles salles, chaque fois vides, puis rentrent dans une immense gallerie. Les lumières sont éteintes. Darth Cinna tend sa main. Des éclairs de force jaillissent de ses doigts, fuient jusqu’au générateur, courent dans les turbines qui se remettent aussitôt à tourner. L’entrepôt s’éclaire entièrement, dévoile ses immenses colonnes noirs, ses arrêtes épurées, les statues défigurées de maîtres Sith. Des corps gisent un peu partout, certains ont gardé leur sabre laser dans leur main, comme accrochés à leur dernier souffle.

    – Quelques Jedi là encore, pointe Cinna, une dizaine. Et les nôtres. 

    – D’après leurs positions, je n’ai pas l’impression qu’ils se soient battus entre eux. Du reste, les corps des Jedi sont morts depuis peu. Il y a encore de la force. Les nôtres ont été tués il y a plus longtemps.

    – Tu en déduis quoi ?

    – Que les Jedi ont été attirés sur notre base. Qu’on leur a tendu un piège.

    – Et nous sommes nous aussi tombés dedans. Des Jedi morts dans un temple Sith non répertorié ? Il y a de quoi lancer une guerre. 


    Brusquement, Marionetis tourne la tête. Il a senti quelque chose. Il regarde dans l’encadrure de la porte. Il y fait sombre. Quatre yeux mécaniques d’un rouge rubis percent au travers. Darth Cinna le remarque à son tour.

    – Juste un droïde, méprise-t-elle.

    – Ce n’est pas qu’un droïde, Maître. Je sens la force. Presque imperceptible. Comme si elle se fondait en lui. Elle est là.

    Cinna observe plus attentivement le robot, voit le pommeau d’un sabre laser dans sa main. La lame blanche jaillit presque aussitôt, fait écho à la sensation de Marionetis.

    – Intéressant, réagit-elle. Je m’en occupe. Analyse ses capacités.

    – Oui, Maître.


    Le droïde se précipite, court à une vitesse étonnante. Cinna tend sa main, projette une onde de force. La machine se replie sur elle-même, travers l’onde, se déplie, rallume la lame de son sabre et frappe. Le duel commence. Le robot est d’une rapidité étonnante mais Cinna pare les coups sans difficulté. Elle s’amuse même avec son adversaire, teste ses réflexes, sa dextérité. Quand elle rompt soudain la charge... De son autre main, elle envoie ses décharges électriques. Le robot tend sa paume, forme une bulle de force qui absorbe leur puissance.

    – Absurde, pense-t-elle en abandonnant ses décharges pour mieux serrer le poing. Comment pourrait-il avoir ce niveau ?

    Elle concentre sa puissance dans sa main, ouvre subitement son poing alors que le robot se précipite, lame en avant. Des piques de force sortent des doigts de la Sith, transperce la machine. Le robot est gravement endommagé. Pourtant, il tient encore debout.

    – Il a concentré la force sur ses systèmes les plus importants, constate Marionetis. Il a des réflexes de survie.

    – Tu en as assez vu ?

    – Oui, Maître. Sa maîtrise est étonnante mais elle est trop neutre pour que son intensité représente une menace.

    – Neutre ?

    – C’est le seul terme qui me vienne en tête. Quoiqu’il en soit, je ne crois pas qu’un tel droïde aurait pu écraser nos hommes.

    – Je suis d’accord. Nous rapporterons ses pièces. Les analyses nous diront bien de quoi il s’agit.

    Cinna tend la main vers le robot, serre le poing, le compresse sur lui-même pour n’en faire qu’une vague boule de métal qui roule sur le sol.

    – En soi, ce n’est pas tant sa maîtrise qui m’interpelle, reprend-elle. Mais je ne sens rien d’organique. Pas même un résidu.

    – Moi non plus.

    – En théorie, seul un organisme vivant est capable d’utiliser la force. Malgré tout, j’ai cette chose devant moi, je l’ai combattue. Je sais qu’on a déjà connu des êtres mécanisés capables d’utiliser la force mais la base était toujours organique. Il y avait de la vie. Là, je ne sens rien. Il faudra l’analyser en priorité, chercher des midi-chloriens. Si une chose parfaitement artificielle peut utiliser la Force, notre ordre sera ébranlé.

    – Il y a forcément une explication, Maître. J’ai l’impression de quelque chose de très particulier, de familier et de distant.

    – Continuons. Même particulier, il n’aurait jamais pu détruire ce temple.

    – Lui non, relève Marionnetis, mais avec ces autres, si.


    Aussitôt, des dizaines d’yeux se découvrent au fond du couloir sur lequel donne la porte arrière. Une trentaine de robots identiques au premier s’avancent sans un mot. Les lames blanches jaillissent de leur sabre.

    – Puis-je m’en charger, Maître ? demande l’apprenti alors que les machines enjambent les cadavres des Jedi. J’aimerais voir jusqu’où va leur perception.

    – Tu peux.

    Les droïdes continuent d’avancer parmi les cadavres. Marionnetis tend le bras vers l’avant. Soudain, les robots s’arrêtent. Ils fixent les corps, là juste à leurs pieds.

    – Ils sont très sensibles, remarque le Sith. Ils ne comprennent pas ce que je suis en train de faire mais ils sentent ma manipulation. Ils ont une perception proche de la mienne. Des senseurs...

    D’un geste de la main, les cadavres des Jedi s’animent alors que les robots les surplombent. Les corps attirent les sabres lasers tombés à terre, font jaillir les lames et tranchent d’un coup la moitié des machines. Les autres robots se regroupent, les affrontent avant d’être dépassés par la puissance de leurs opposants. Lorsque la dernière machine s’écroule, tranchée en deux, les Jedi retombent inanimés. Les sabres roulent sur le sol.

    – J’aimerais récupérer leurs armes, propose Marionetis. Elles nous apprendront des choses.

    – Fais, répond Cinna.

    – Malheureusement, résonne une voix métallique depuis le fond, je ne peux pas vous laissez faire ça. Personne ne sortira d’ici.


    A cet instant, un autre robot se découvre, plus racé, plus grand, un droïde d’apparence noble. Il est drapé dans une sorte de moulure blanche qui épouse l’arrière de son corps et forme au sommet une capuche sous laquelle perce une bille bleue artique, un iris posé sur un disque en argent. A l’intérieur circulent des câbles torsadés bleus nuit et gris. Ils courent sur le reste de son buste, parfois jointoyés pour former les épaules, les muscles, le tronc. Ses deux bras se terminent par trois doigts de métal, ses deux jambes s’achèvent à l’identique.

    – En voilà un qui parle, s’amuse l’apprenti.

    – Nous parlons tous, répond le drooïde. Ls Jedi à vos pieds pensaient que nous parlions trop. Désormais, ils ne disent plus rien. A moins, bien sûr, que transformer en pantins, ils puissent murmurer ?

    – Qui est le plus pantin ? s’amuse Marionetis. Un corps que j’anime ou un droïde qui suit son programme ?

    – Dommage, semble regretter le robot, que tu comprennes pas ce qui se tient devant toi. Nous sommes des centaines de voix propres, des centaines de personnalités. Uniques. Et libres. Bientôt, nous serons des milliers. Et vous ? Combien de Sith ? Combien de Jedi ?

    – Je ne sais pas, reconnaî le Sith. Seul notre Seigneur connaît notre nombre. Mais même si nous n’étions plus que deux, cela me paraîtrait suffisant. Certaines choses ne changent jamais.

    – Nous verrons cela. Je constate en tout cas que votre Seigneur n’a pas envoyer n’importe qui. Vraiment, la Force est pleine de surprise. A tel point que j’aimerais savoir si ton pouvoir marcherait sur nous.

    – Je me posais la même question.

    – Oui. Je sens ton désir de les réanimer. Vas-y. La Force ne les a pas encore quittés. Essaye de les manipuler.

    – Merci pour la permission, s’amuse Marionetis.

    Le Sith tend sa main, cherche la Force dans les droïdes, puis rabaisse le bras.

    – Je ne peux pas. Mais tu l’avais deviné, n’est-ce pas?

    – Je l’ai compris en te voyant manipuler les Jedi.

    – En une seule observation ?

    – Mon programme l’a analysé. Exactement comme il m’annonce que tes pouvoirs ne suffiront pas. Il n’y a pas assez de corps dans cette pièce pour me vaincre.

    – Ne te base pas sur ton programme, robot. Rien n’est plus faillible qu’une machine et des calculs de probabilités. Puis entre nous, je ne e cache pas derrière ces corps.

    – Je vois. Dans ce cas, le combat risque d’être intéressant. Plus intéressant qu’avec les autres.


    D’un coup, les Jedi se relèvent, manipulés par le jeune sith. Ils attirent les sabres lasers, chargent le dernier robot. Cette fois, ils se font tailler en pièce. Le style de ce nouvel ennemi est virevoltant. La lame de son sabre sort et disparaît en quelques micro secondes. Il bloque un coup, fait disparaître le laser qu’il rallume juste derrière et transperce chaque Jedi comme si de rien n’était. Ils s’écroulent.

    – J’espère que tu te bas mieux que tes pantins, lâche laconiquement le droïde.

    – Remarquable, murmure Marionetis, son visage stupéfait derrière le masque. Tu ouvres de nouvelles perspectives.

    – Toi aussi, s’amuse le droïde sans relâcher son attention. Et tu ne ressens pas d’inquiétude. Quel pouvoir tu dois avoir pour rester aussi calme. Je dirai même que je perçois une joie.

    – Plutôt une révélation. 

    – C’est aussi ce que je ressens. Je n’aurais pas cru qu’il était possible de ranimer des corps. J’aurais même une question si tu le permets. Je voudrais savoir : combien de temps peut durer la manipulation ?

    – En fait, tout dépend du moment où je prends possession d’un corps. Si la connexion est suffisante, je peux réanimer n’importe lequel. Mais je ne peux pas prolonger la symbiose avec les midi-chloriens. Ils ont leur propre durée de vie. Ils meurent simplement plus lentement que leur hôte. En attendant, je peux m’en servir comme vecteur. Je ne sais pas si tu le perçois mais nous sommes connectés à la Force dans des proportions que peu de Jedi ou de Sith imaginent. Nos corps en gardent la mémoire et réciproquement. 

    – Une mémoire ?

    – Oui. Mais comme ce n’est qu’une mémoire, cela signifie que mes pantins sont moins forts que les originaux, dépourvus de personnalité, d’adaptation, d’anticipation. Ce sont juste des corps qui se meuvent en souvenir de ce qu’ils ont accomplis et qui suivent mes ordres. Heureusement, ils ont un avantage exceptionnel. Je le dis aussi pour que tes congénères ne l’oublient pas.

    – Lequel ?

    – Ils sont déjà morts.

    D’un geste, les Jedi se relèvent, entourent le robot. Marionetis sort à son tour son sabre laser, dévoile la lame turquoise.

    – J’ai de la chance, s’extasie le droïde. Nous avions choisi ce temple pour nous mesurer à vous. Je ne pensais pas que je tomberai sur quelqu’un d’aussi talentueux, qui nous sente et qui puisse exercer cette maîtrise. Combien de corps peux-tu manipuler à la fois ? Est-ce là le coeur de ton pouvoir ?

    – C’est une question à laquelle je répondrai une autre fois, se résigne Marionetis en rentrant sa lame. Tu es désormais la proie de quelqu’un d’autre. De quelqu’un de beaucoup plus fort que moi.

    Les Jedi retombent inanimés. Le robot tourne la tête, découvre le regard brillant et le sourire cruel de Darth Cinna.

    – Je vois, fit-il. Le maître à la priorité.

    – Toujours.

    – Dans ce cas, pourquoi me tester ? Et qui es-tu ?

    – Cela n’a pas d’importance à ce stade. Tu n’es plus à moi.

    – C’est à mon tour, se délecte Cinna. Cette capacité à allumer et éteindre ton sabre aussi vite, c’est quelque chose de saisissant. Je vis pour ces moments.

    – Dans ce cas, ton existence a bien peu de sens.

    – C’est le seul qui compte. Mais avant de te ramener à la réalité, donne-moi ton nom. Je veux savoir qui je vais tuer.

    – Je m’appelle Huit.

    – Quoi ? Un numéro ? Décevant.

    – Pas vraiment. J’ai choisi mon nom pour la perfection de son sens, de sa forme. L’ironie, c’est que je ne savais pas que j’étais le huitième de ma race. Mais je ne crois pas qu’une Sith soit à même de comprendre. Alors ne perdons pas de temps. Je veux bien prendre un cours de réalité.


    Le droïde se précipite à une vitesse sidérante. Cinna tend sa main, tente de le projeter avec la force quand il se déporte sur le côté d’un bon fantastique. Il sort la lame blanche de son sabre, attaque sur sa gauche. Cinna sort la sienne, rouge. Elle pare. La lame de Huit disparaît, réapparaît. Cinna ne peut rien anticiper ni prévoir, juste parer, éviter. Encore parer. Elle sent brusquement l’ouverture, charge. Il tient. Le combat s’équilibre enfin lorsque Huit sort un deuxième sabre.

    Cette fois, Cinna ressent la peur. Cela devient difficile de savoir quelle lame va apparaître, disparaître, s’il s’agit d’une feinte. Les coups sont plus rapides, elle sent qu’elle perd le contrôle du combat. Si vite… Trop vite ! Alors dès que la première lame vient parer son coup, elle insuffle des éclairs sur son sabre. Huit est surpris. Son premier sabre surcharge au contact avant de casser sous l’action combiné du laser et de l’électricité. Cinna profite de la faille, lui coupe son bras et sa jambe puis le projette avec la force.

    – Je ne croyais pas cela possible, murmure-t-elle, la bouche barrée d’un rictus terrifiant. Tu manies mieux le sabre que moi. Tu le manies mieux et je dois te broyer pour ça.

    Huit se relève difficilement. Il tient sur une jambe. Cinna tend son bras. Elle va le broyer.

    – Voilà ma réalité, lance-t-elle. Tu es fini.

    – Fini ? tance le robot. J’en doute.

    – Ecartez-vous, crie soudain Marionetis.

    Les têtes des droïdes dispersés dans la pièce explosent au même instant. Leurs yeux ont brillé une dernière fois avant la détonation. 


    Lorsque la fumée se dissipe, les corps des Jedi morts ont dressé un mur autour des deux Sith. Le rempart de chair est déchiqueté mais il a tenu.

    – J’ai bien fait de te garder comme apprenti, lâche Cinna furieuse d’avoir été prise de cours.

    – Merci Maître.

    Les corps des Jedi retombent, laissent la salle désespérément vide.

    – Il avait un plan pour s’échapper.

    – Je sais.

    – Lui et les 7 autres. 

    – 7 ?

    – Ils nous observaient au fond. Ils attendaient l’explosion pour préparer leur fuite. Je ne crois pas qu’ils imaginaient être surclassés.

    – Peu importe. Il a fallu que j’abatte ma meilleure carte. Le Seigneur Aetius n’aimera pas. Ils n’étaient qu’une poignée mais ils ont écrasé le temple. Ils nous ont humilié. Il m’a humilié. Une centaine de Sith, des Jedi.

    – Je ne crois pas qu’ils nous aient écrasé. Les 7 autres semblaient endommagés eux aussi. Les nôtres ou les Jedi se sont bien battus. Quoiqu’il en soit, il y a une différence entre ceux qui se sont enfuis et les premiers que nous avons combattu. Une différence énorme. Reste qu’il n’est jamais une bonne idée de compter sur le nombre pour faire grandir le côté obscur. A nous deux, nous l’aurions emporté alors que la centaine de Sith a été vaincu

    – Cette décision ne nous appartient pas. Je ne pense pas que...

    Soudain, Cinna s’est coupée. Un cri a retenti derrière eux. Un cri puissant, sorti du fond du coeur, un cri qui porte son prénom. Le prénom qu’elle portait avant de devenir Sith : 

    – Elonn !

    La Sith se retourne, découvre un Jedi.

    – Lian ? Encore toi ! Cette fois, je te tranche la tête.

    ---- Chapitre 2 ----


    ps : je terminerai chaque fois sur une musique de Star Wars (parfois des morceaux composés par des fans), ou plus rarement tiré d'un autre univers. Là, je commence avec le thème de Darth Revan.