VAGUE NOIRE

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Page vérifiée Creado el 3 de julio de 2017 Contacto

Killing Rock devient... VAGUE NOIRE

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  • Salut à tous et bienvenue sur... Vague Noire.

    Pourquoi ce changement de nom, vous demandez-vous certainement ? Il est vrai que la démarche est aussi radicale que peu commune. Cette métamorphose a été motivée par plusieurs raisons, que nous allons vous narrer ici.

    Tout d'abord, il y a l'ambition. L'ambition et le doute. En créant Killing Rock au départ, il n'y avait guère plus que la volonté de parler d'artistes que nous apprécions. Nous avons, il y a quasiment un an jour pour jour, opéré un virage plus, disons... Sérieux, avec l'épisode consacré à la New Wave. Au fil des vidéos, de vos retours, de notre propre regard sur nos productions, nous avons pris conscience du potentiel de la chaîne et de la possibilité réelle de faire de Killing Rock un véritable media à part entière.

    Seulement voilà, il y avait ce nom, Killing Rock, qui sonne un peu "kit", un peu immature, comme une mauvaise farce : l'inspiration du nom venant initialement du groupe Killing Joke (la blague qui tue en VF) mais pouvait être également perçu comme un hommage au Comic du même nom mettant en scène le Joker. Killing Rock était un nom qui jurait fondamentalement avec ce que nous sommes en tant qu'individus, mais aussi - et c'était bien plus dommageable - avec ce que faisons sur la chaîne : nous ne "tuons" personne (comprenez que nous préférons valoriser que critiquer) et ne versons pas forcément dans l'humour ou tout du moins, de manière très ponctuelle. D'ailleurs, nous ne parlons pas exclusivement de musique Rock, donc même à ce niveau, il y a paradoxe.

    Ceci étant dit, pourquoi avoir opté pour Vague Noire ? Nous avons passé de très longues heures à chercher un nouveau nom qui soit à la fois en phase avec nos personnalités et notre vision à court, moyen et long terme de la chaîne : quelque chose de plus brut, viscéral qui renvoie non seulement à la musique, mais aussi à l'art et un certain esthétisme moins bariolé, à la fois plus atmosphérique mais aussi plus minimaliste.

    Qu'est-ce que Vague Noire ? Il y a déjà la vague, qui évoque les courants, les mouvements, l'ondulation - comment ne pas penser à la pochette d'Unknow Pleasures de Joy Division ? Puis il y a la couleur, qui suggère bien entendu l'esthétisme. Et pas n'importe quelle couleur : le noir, si cher au Rock, la couleur du Perfecto, mais aussi celle du chaos; le noir étant historiquement lié à l'anarchisme mais aussi au nihilisme - et donc au Punk. La Vague Noire, c'est par ailleurs le nom d'un mouvement cinématographique yougoslave corrélant avec la Nouvelle Vague française, courant qui sera rabroué dans le sang par le régime de Tito mais qui fera des émules auprès d'une nouvelle génération de réalisateurs, parmi lesquels le mythique Emir Kusturica.

    Vague Noire, c'est plus concrètement le surnom donné aux sillons du vinyle, troublante coïncidence qui fait écho à notre décoration, constituée de pochettes de 33 tours et de... vinyles nus. Un nom qui nous renvoie à notre modeste condition d'auditeurs passifs tout en nous plaçant dans le tourbillon : nous ne sommes pas le disque, nous sommes le diamant, ceux qui partageons la musique, cet ami qui te prend par la main et t'intime amicalement "d'écouter ça" : Vague Noire, ce n'est pas la création, c'est l'invitation.

    Vague Noire, c'est aussi une traduction quasi-littérale de "Dark Wave", sous-mouvance du Post/Punk où se mêlent romantisme et esthétique gothique, incarnée par des groupes comme The Cure, Joy Division, Xmal Deutschland ou encore les Cocteau Twins. La Darkwave, c'est également le nom de ce genre électronique montant, porté notamment par le prodige français Perturbator, fraternisation de l'Electro le plus acide, le Trip/Hop le plus lancinant et les chapelles les plus extrêmes du Metal. C'est l'idée qu'il n'existe aucune limite dans la création, aucun mur qui ne saurait freiner le son.

    Vague Noire, c'est un nom français. A l'heure où tout est prétexte aux anglicismes, nous trouvons ironiquement plus avant-gardiste l'usage de notre langue maternelle, son élégance reconnue et louée, sa complexité, sa subtilité qui fait qu'elle n'est pas "belle" pour ce qu'elle exprime, mais pour ce qu'elle ne dit pas. Evidemment, ce choix du Français n'est pas seulement symbolique, mais entérine notre volonté de valoriser les artistes hexagonaux (mais aussi Belges et Suisses, pays avec lesquels nous sommes liés par la langue). Nous ne dirons jamais assez à quel point notre pays déborde de talents, injustement méconnus. Il n'est toutefois pas question de végéter dans les tranchées du chauvinisme étriqué, et notre amour de la musique et de l'art fait bien peu cas des frontières et des bannières : nous ne détournerons simplement pas nos oreilles de ce qui se déroule sous notre nez.

    Vague Noire, c'est nous et c'est, nous l'espérons, vous également.